Autriche: plus de 70 morts dans le camion retrouvé sur une autoroute

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Le véhicule en Autriche dans lequel ont été retrouvés entre 20 et 50 corps, se trouvait sur une aire de stationnement dans l'État frontalier du Burgenland. (Dieter Nagl/AFP)
Le véhicule en Autriche dans lequel ont été retrouvés entre 20 et 50 corps, se trouvait sur une aire de stationnement dans l’État frontalier du Burgenland. (Dieter Nagl/AFP)

Les corps de 71 migrants, probablement des réfugiés syriens, ont été extraits du camion abandonné sur une autoroute d’Autriche, un nouveau drame macabre de l’immigration survenu alors qu’au moins 76 migrants partis de Libye se noyaient dans un naufrage en Méditerranée.

Ces tragédies interviennent au moment où l’Europe, de plus en plus débordée, tente de faire face à l’une de ses pires crises migratoires depuis des décennies.

Les 71 migrants dont les corps ont été retrouvés en Autriche sont «probablement» des réfugiés de Syrie, a annoncé vendredi la police, écartant l’éventualité qu’il s’agisse d’Africains après avoir trouvé des papiers syriens dans le camion.

«Mais nous ne pouvons pas encore dire s’ils sont tous Syriens», a-t-il ajouté.

«Parmi les 71 personnes, il y avait 59 hommes, huit femmes et quatre enfants, dont une fillette âgée d’un ou deux ans et trois garçons de 8, 9 ou 10 ans», a déclaré le porte-parole de la police, Hans Peter Doskozil, lors d’une conférence de presse.

Le comptage de 71 cadavres a été rendu très difficile par l’état de décomposition avancée des corps, entassés les uns sur les autres.Le porte-parole a indiqué que le moment et la raison du décès restaient à déterminer, et qu’il y avait «une certaine probabilité» que les réfugiés soient morts asphyxiés.

Les corps ont été transportés à Vienne pour y être autopsiés, et les résultats devraient prendre du temps.

Dix premiers cercueils y sont arrivés vendredi vers 10 h GMT (6h, heure de Montréal), selon un journaliste de l’AFP. Selon les autorités, les corps pourraient être par la suite inhumés dans l’État du Burgenland (est) où ils ont été retrouvés.

Le porte-parole de la police a par ailleurs annoncé que sept personnes avaient été arrêtées en Hongrie, dont un Bulgare d’origine libanaise, qui serait le propriétaire du véhicule.

Deux autres – un Bulgare et un homme porteur de documents hongrois – sont «presque certainement les chauffeurs» du camion, a précisé le porte-parole. Il a ajouté qu’ils étaient probablement «de petits membres d’un gang de trafiquants d’être humains bulgaro-hongrois».

Les quatre autres personnes ont par la suite été relâchées.

Le bilan est très supérieur à l’estimation initiale de 20 à 50 corps faite après la macabre découverte jeudi matin, dans un poids lourd abandonné sur une bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute A4, dans l’État oriental du Burgenland, près de la Hongrie et de la Slovaquie.

Les polices autrichienne et hongroise ont lancé une enquête conjointe après la découverte du camion de 7,5 tonnes immatriculé en Hongrie et portant le logo d’une entreprise de volaille slovaque avait quitté Budapest mercredi et était resté sur une aire de stationnement d’une autoroute non loin de la frontière avec la Hongrie, quelque 24 heures sous le soleil, a indiqué le porte-parole. Une enquête qui progressait.

Loin de l’Autriche, en Méditerranée, 76 corps de migrants ont été repêchés après le naufrage jeudi d’une embarcation qui transportait environ 300 personnes au large de la ville de Zouara, en Libye, a annoncé vendredi à l’AFP un porte-parole du Croissant-Rouge. Il restait des dizaines de disparus.

Par ailleurs, un bateau des gardes-côtes suédois a accosté en Sicile jeudi soir avec 52 cadavres de migrants récupérés la veille après une longue dérive.

S’approchant du camion en Autriche, les policiers avaient remarqué des «fluides de corps en décomposition» coulant du véhicule et ont été assaillis par une odeur putride en ouvrant les portes. Les migrants étaient apparemment morts depuis un certain temps. Même des policiers expérimentés ont paru ébranlés, évoquant un «crime choquant». Des équipes médico-légales ont travaillé toute la nuit pour extraire les corps du camion.

Ce nouveau drame a été annoncé alors que la chancelière Angela Merkel participait à Vienne à un sommet avec les dirigeants des Balkans de l’Ouest, qui ont réclamé un «plan d’action» de l’UE pour contenir les migrants.

«Nous sommes tous bouleversés par ces terribles nouvelles, a dit Mme Merkel jeudi à Vienne au sommet des Balkans. C’est un avertissement pour que l’on se mette au travail, pour résoudre ce problème et faire preuve de solidarité».

«D’énormes défis»

La chancelière allemande a reconnu que les pays des Balkans de l’Ouest faisaient face à d’«énormes défis». «Ce sont de futurs membres de l’Union européenne, il est de notre responsabilité de les aider».

La Macédoine et la Serbie, deux des principaux points de passage des dizaines de milliers de migrants qui tentent de rejoindre l’Union européenne, ont appelé l’UE à adopter un plan d’action.

«Nous faisons face à la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale», a souligné le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic.

Plus de 300 000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier, et plus de 2500 personnes sont mortes en mer après avoir tenté de rallier l’Europe, a annoncé vendredi le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

La «route des Balkans de l’Ouest» est empruntée par des réfugiés syriens ou des Irakiens fuyant la guerre, mais aussi par des Albanais, Kosovars ou Serbes en quête d’une vie meilleure.

En bus, à pied, passant sous les barbelés ou prenant d’assaut les trains, les scènes de chaos se multiplient en Europe orientale à mesure que des milliers de migrants avancent à travers le continent.

La Hongrie, membre de l’UE, fait face à un afflux record à sa frontière avec la Serbie, avant l’achèvement, prévu le 31 août, de la construction d’une clôture grillagée le long des 175 km de la frontière commune.

La plupart des quelque 140 000 migrants qui sont arrivés en Hongrie, membre de l’UE, cette année, tentent de poursuivre leur voyage à travers l’Autriche vers l’Allemagne ou la Suède, et beaucoup ont recours à des passeurs.

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