Cachez ces morts! Les pertes militaires en temps de paix secrets d’État en Russie, confirme la Cour

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La Cour suprême russe a donné le 13 août 2015 son aval au décret du Kremlin faisant des pertes militaires en temps de paix un secret d'État. (AnotherCity)
La Cour suprême russe a donné le 13 août 2015 son aval au décret du Kremlin faisant des pertes militaires en temps de paix un secret d’État. (AnotherCity)

La Cour suprême russe a donné jeudi son aval à un décret du Kremlin apposant le sceau du secret d’État sur les pertes militaires en temps de paix, une initiative qui vise, selon ses détracteurs, à dissimuler l’implication de Moscou dans le conflit ukrainien.

La Cour suprême a rejeté un recours déposé par des militants d’opposition et des journalistes contestant la légalité du décret qui vise, selon eux, à filtrer les informations étayant le rôle joué par l’armée russe dans l’est de l’Ukraine, déchiré par un conflit qui a fait plus de 6.800 morts en moins d’un an et demi.

Ce décret, signé fin mai par le président Vladimir Poutine, appose le sceau du secret d’État sur les « informations relatives à la perte de personnel (…) en temps de paix dans des opérations spéciales ». Les pertes militaires en temps de guerre étaient déjà gardées secrètes.

La divulgation de secrets d’État est punie, en Russie, d’une peine pouvant aller jusqu’à quatre ans de prison.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d’aider militairement les séparatistes de l’est de l’Ukraine et d’y avoir déployé des troupes régulières, ce que Moscou dément catégoriquement, ne reconnaissant que la présence de « volontaires », donc de personnes parties prendre les armes de leur propre initiative.

La presse russe et internationale, ainsi que les militants opposés au Kremlin, ont fait état à plusieurs reprises d’enterrements secrets en Russie de militaires russes qui seraient morts en Ukraine. Plusieurs interviews d’anciens soldats et de leurs familles ont été publiées dans les médias, et des informations sur leur présence en Ukraine ont été collectées par le biais des réseaux sociaux.

Lors de la séance de la Cour suprême, qui a duré huit heures, il est apparu que le décret avait été proposé au gouvernement par l’armée et les services de renseignement, selon l’un des opposants à cette mesure, Ruslan Leviyev.

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