Carnage évité dans le Thalys: l’enquête sur la piste islamiste radicale

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Photo tiré de la page Facebook du suspect (à droite) Ayoub El Khazzani, maîtrisé par des passagers du train Amsterdam-Paris vendredi 21 août 2015, alors que, lourdement armé, il semblait se préparer à un carnage.
Photo tiré de la page Facebook du suspect (à droite) Ayoub El Khazzani, maîtrisé par des passagers du train Amsterdam-Paris vendredi 21 août 2015, alors que, lourdement armé, il semblait se préparer à un carnage.

Il nie toute visée terroriste mais aurait été signalé comme islamiste radical et serait parti en Syrie: les enquêteurs tentaient samedi d’en savoir plus sur l’homme lourdement armé qui a été maîtrisé par des passagers vendredi dans un train Amsterdam-Paris, évitant un carnage.

Mise à jour 22/08/2015 à 13h24

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Si son identité se confirme, ce Marocain, qui aura 26 ans le 3 septembre, a vécu en 2013 et jusqu’en mars 2014 à Algesiras, en Andalousie (sud de l’Espagne), où il était connu pour trafic de drogue, selon une source des services antiterroristes espagnols.

Transféré samedi matin d’Arras jusqu’aux locaux de l’antiterrorisme en région parisienne, le suspect avait été signalé en février 2014 par les services espagnols à leurs confrères français « du fait de son appartenance à la mouvance islamiste radicale », a précisé le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Plus d’un an plus tard, le 10 mai 2015, il était localisé à Berlin, où il embarquait pour la Turquie, selon une source proche des renseignements français, qui disent alors avoir appris des Espagnols que cet homme était désormais installé en Belgique.

Mais selon les services antiterroristes espagnols, le suspect serait en fait parti de France pour se rendre en Syrie et serait ensuite revenu dans l’Hexagone.

Neuf chargeurs

Vendredi, l’homme est monté dans le Thalys 9364 à Bruxelles. Armé d’un fusil d’assaut kalachnikov avec neuf chargeurs, d’un pistolet automatique Luger et d’un cutter, il a ouvert le feu à 17h50, peu après le passage de la frontière française.

Un premier voyageur français, âgé de 28 ans et employé dans une banque aux Pays-Bas, a tenté de le désarmer alors qu’il sortait des toilettes. Le suspect a réussi à lui échapper et « plusieurs coups de feu » ont été tirés, une balle atteignant un passager, de nationalité franco-américaine, qui était assis « sur son siège », selon Bernard Cazeneuve.

Un groupe composé d’Américains en vacances, dont deux militaires, et d’un sexagénaire britannique, est alors intervenu, réussissant à le maîtriser. Le courage de ces hommes, dont l’un a été blessé, a été salué par le président Barack Obama et François Hollande qui les recevra tous à l’Elysée « dans les prochains jours ».

« On a entendu un coup de feu et du verre brisé. J’ai vu un type avec une AK (kalachnikov), » a raconté à des télévisions Alek Skarlatos, 22 ans, membre de la garde nationale de l’Etat de l’Oregon, rentré il y a peu d’une mission en Afghanistan. « Mon ami (Spencer Stone, autre militaire américain) et moi on s’est baissé et puis on s’est dit +on y va+ (…) On l’a frappé à la tête jusqu’à ce qu’il perde connaissance ».

Dans la bagarre, M. Stone a été blessé au cutter au cou et à la main par l’agresseur, qui n’a pas fait usage de sa kalachnikov, vraisemblablement enrayée. Il a été opéré à la main mais devrait quitter la clinique samedi soir.

Sur des images filmées au téléphone portable à l’intérieur du train, on voit l’ assaillant, un jeune homme mince, torse nu, plaqué au sol sur le ventre, les mains attachées dans le dos. Une kalachnikov est posée contre un siège et du sang est visible sur une vitre du wagon.

Video Moment when Alek Skarlatos stop terrorist attack on train in Belgium ! Congrats for the Hero : Watch here the Video :*This is a page created for this hero : Please Like and Share:

Posted by Alek Skarlatos on samedi 22 août 2015

Enfermés dans la motrice

Légèrement blessé en actionnant le signal d’alarme, l’acteur Jean-Hugues Anglade, qui se trouvait dans le train, a accusé les agents du Thalys de s’être enfermés dans la voiture motrice puis d’avoir refusé d’ouvrir aux passagers malgré leurs appels à l’aide.

Thalys a en réponse apporté son soutien à l’agent mis en cause, assurant qu’il avait mis à l’abri plusieurs passagers, et souligné « la très forte mobilisation de son personnel ».

Le parquet antiterroriste de Paris, dont la compétence est nationale, s’est saisi de l’enquête. Le parquet fédéral belge a également ouvert une enquête pour terrorisme. La Belgique a par ailleurs renforcé les mesures de sécurité dans ses trains et ses gares.

Cette nouvelle attaque survient huit mois après les sanglants attentats de janvier contre le journal satirique Charlie Hebdo et un supermarché cacher de Paris.

Depuis lors, plusieurs tentatives d’attentats djihadistes ont semble-t-il été déjouées en France. Un projet d’attaque contre une église en banlieue parisienne a échoué en avril après que son auteur, Sid Ahmed Ghlam, s’est lui-même blessé avec son arme. Il était en lien avec des contacts en Syrie, tout comme Yassin Salhi, qui a décapité en juin son employeur près de Lyon et est suspecté d’avoir voulu faire exploser une usine chimique.

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