Chili: une unité spéciale pour enquêter sur les agissements de l’armée sous Pinochet

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Le général Augusto Pinochet, mort en décembre 2006, chef de la junte militaire qui s'empara du pouvoir après avoir renversé en 1973 le président socialiste élu  Salvador Allende qui s'est suicidé dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes. (Archives/AFP)
Le général Augusto Pinochet, mort en décembre 2006, chef de la junte militaire qui s’empara du pouvoir après avoir renversé en 1973 le président socialiste élu Salvador Allende qui s’est suicidé dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes. (Archives/AFP)

Le Chili a créé une unité spéciale dédiée à recueillir des informations sur les violations des droits de l’Homme perpétrées sous la dictature d’Augusto Pinochet et mettre à jour de possibles « pactes de silence » au sein de l’armée.

Cette unité, sous responsabilité du ministère de la Défense, est la réponse du gouvernement de la présidente socialiste chilienne Michelle Bachelet face aux critiques visant le manque de coopération de l’armée dans le partage d’informations sur les crimes commis sous la dictature (1973-1990) et restés impunis.

« La tâche que nous allons réaliser dans cette unité est de recevoir les pétitions des tribunaux et les envoyer et les orienter vers différents services » des Forces Armées, a expliqué le ministre de la Défense José Antonio Gomez dans une conférence de presse lundi.

Le responsable de cette unité est un ancien membre de la Cour Suprême, Alejandro Solis, connu pour avoir mené l’enquête dans des cas emblématiques impliquant la redoutable police politique de la dictature, la Direction nationale du renseignement (DINA), dont le chef Manuel Contreras est décédé il y a quelques jours.

L’ancien général, emprisonné depuis 2005, n’avait pas été déchu de son grade.

La responsabilité des quelque 3.200 morts et disparus est généralement attribuée aux services de la DINA durant la dictature.

L’unité spéciale aura pour objectif de « faciliter et collaborer pour que les informations soient pertinentes et précises », mais n’a pas autorité pour mener l’enquête, une attribution qui reviendra aux institutions judiciaires et aux tribunaux, a expliqué le ministre Gomez.

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