Chronologie des vingt mois de conflit au Soudan du Sud

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Des soldats au Soudan du Sud (Archives/AFP)
Des soldats au Soudan du Sud (Archives/AFP)

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, est déchiré depuis décembre 2013 par un conflit meurtrier entre forces loyales au président Salva Kiir et rebelles menés par l’ancien vice-président Riek Machar.

Les violences, à forte connotation ethnique, ont fait des dizaines de milliers de morts, avec de terribles atrocités contre les civils. Plus de deux millions de personnes ont fui leurs foyers, selon l’ONU, qui a fait état d’un risque de famine dans certaines zones.

–2013–

– 15 déc: Intenses combats entre factions rivales de l’armée à Juba. Salva Kiir annonce avoir déjoué une tentative de coup d’État, initiée selon lui par son ancien vice-président Riek Machar, qu’il avait limogé en juillet.

Le 18 décembre, Riek Machar, qui dès le début du mois avait dénoncé l’attitude « dictatoriale » du président Kiir, nie l’existence d’une tentative de coup d’État. Le lendemain, il appelle l’armée à renverser Salva Kiir, l’accusant de vouloir « allumer une guerre ethnique ».

Les combats vont s’étendre à plusieurs régions du pays.

–2014–

– 10-20 jan: Après Bentiu, capitale de l’État pétrolier d’Unité (nord), l’armée reprend aux rebelles notamment la ville de Bor, dans l’État du Jonglei (est). Kampala reconnaît que des soldats ougandais combattent aux côtés de l’armée sud-soudanaise.

– 27 fév: Human Rights Watch (HRW) rapporte de graves violations des droits de l’Homme, assimilables à des crimes de guerre, par les deux camps.

– 15 et 17 avr: Plus de 350 civils, la plupart réfugiés dans une mosquée, sont massacrés à Bentiu et Bor, selon la mission de l’ONU (Minuss). En mai, l’ONU recentre ses activités sur la protection des civils.

– 2 mai: A Juba, le secrétaire d’État américain John Kerry met en garde contre les risques de « génocide ».

–2015–

– 1er fév: Accord intérimaire Kiir/Machar prévoyant notamment un cessez-le-feu –le 7e en un an– mais rompu quelques jours plus tard.

– 20 mars: Le gouvernement et les rebelles ont intensifié l’enrôlement forcé d’enfants-soldats, selon l’Unicef, qui estime que plus de 12.000 enfants ont été enrôlés comme combattants depuis le début du conflit.

– 24 mars: Le Parlement prolonge le mandat du président Kiir ainsi que la législature jusqu’en 2018. Selon la Constitution, les élections générales devaient être organisées avant le 9 juillet 2015.

– 30 juin: Des militaires ont violé puis brûlé vives des femmes et des filles, accuse l’ONU. Dans un rapport, des enquêteurs de la Minuss mettent en garde contre des « violations des droits de l’Homme généralisées », s’appuyant sur le témoignage de 115 victimes et témoins dans l’État septentrional d’Unité, un des plus touchés par la guerre.

Le camp rebelle a été lui aussi à plusieurs reprises accusé d’atrocités, notamment de viols et de meurtres.

– 1er juil: L’ONU décrète des sanctions contre six chefs militaires, trois du côté des forces gouvernementales et trois du côté rebelle. Le lendemain, les Etats-Unis décident de sanctions contre deux chefs militaires accusés d’exactions, un de chaque camp.

– 6 juil: L’armée affirme avoir repris aux rebelles le contrôle de la ville stratégique de Malakal, capitale du l’État pétrolier du Haut-Nil (nord-est), réduite en ruines après avoir plusieurs fois changé de mains depuis le début de la guerre.

– 7 juil: Le nombre de civils ayant trouvé refuge dans les bases des Nations unies dans le pays a dépassé les 150.000, indique l’ONU.

– 11 août: Plusieurs chefs rebelles, dont Peter Gadet, chef de guerre frappé par des sanctions de l’ONU, annoncent faire scission de la rébellion.

– 16 août: Des dirigeants d’Afrique de l’Est participent à Addis Abeba aux pourparlers de paix. Le gouvernement et les rebelles, soumis à une forte pression internationale, ont jusqu’à lundi pour signer un accord.

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