Cinquante heures de travaux communautaires et un an de mise à l’épreuve pour le faux soldat Gervais

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Interviewé par la  CBC, le faux militaire Franck Gervais s'était fait remarqué par de nombreux vétérans et militaires en raison de «problèmes» avec son uniforme (capture d'écran/CBC)
Interviewé par la CBC, le faux militaire Franck Gervais s’était fait remarqué par de nombreux vétérans et militaires en raison de «problèmes» avec son uniforme (capture d’écran/CBC)

L’imposteur Franck Gervais, qui s’était fait passer pour un soldat lors d’une cérémonie du jour du Souvenir, poussant l’audace jusqu’à donner une interview à la télévision nationale, écopera finalement de cinquante heures de travaux communautaires et d’un an de probation.

L’’homme de 33 ans originaire de Cantley avait plaidé coupable en mars dernier d’avoir prétendu faussement être un agent de la paix, en vertu de l’article 130 (1)(a) du Code criminel du Canada et d’avoir prétendu faussement être un agent de la paix (emploi trompeur d’un insigne ou article d’uniforme) en vertu de l’article 130 (1)(b) du Code criminel du Canada.

Il était passible de 5.000$ d’amende et de six mois de prison.

Un tribunal d’Ottawa l’a finalement condamné à 50 heures de travaux communautaires et 12 mois de « probation » (mise à l’épreuve) en vertu des dispositions d’un programme de « justice collaborative ».

Imposture en direct

Le 11 novembre dernier, lors de la cérémonie du Jour du Souvenir retransmise en direct par Radio-Canada, Gervais portait un un uniforme de cérémonie sergent du Royal Canadian Regiment.

Il portait aussi la Médaille de la bravoure, la Médaille du service spécial avec une barre, la Médaille de service de maintien de la paix du Canada, la Médaille de l’OTAN pour le Kosovo et une Décoration des Forces canadiennes pour 12 ans de service.

Il avait alors poussé l’audace jusqu’à donner une entrevue à la télévision de la chaîne publique de télévision canadienne.

Les autorités policières de la capitale fédérale avaient ouvert une enquête au sujet de Franck Gervais après avoir reçu de nombreuses plaintes, notamment de militaires, qui ne reconnaissaient pas ce soi-disant frère d’armes et avaient décelé de nombreuses anomalies sur son uniforme.

Les enquêteurs de la police ont finalement découvert que Gervais n’avait jamais été employé par l’armée canadienne, mais qu’il avait été tout au plus…cadet dans les années 1990. Jusque là, l’homme avait réussi à berner même ses proches, allant jusqu’à se marier en uniforme militaire.

Justice réparatrice

Aujourd’hui, avant le prononcé de la sentence, trois vétérans ont lu des déclarations sur l,impact qu’a eu sur eux cette imposture.

Pour sa part, Gervais, versant des larmes et s’exprimant d’une voix étranglée, a déclaré en cour que ses actions étaient mauvaises, erronées et inappropriées, et qu’il va les regretter pour le reste de sa vie.

Le tribunal a également été informé des résultats d’un projet de « justice réparatrice » dans le cadre duquel Gervais s’est rendu le 1er août, accompagné du major à la retraite Gerald S. Wharton, au cimetière national à Ottawa.

«Du début à la fin de nos deux heures et demi ensemble, M. Gervais a manifesté son appréciation pour ce que le programme lui a offert et sa très grande reconnaissance pour ma participation dans ce programme, » a écrit Wharton dans un document déposé lors des représentations présentencielles.

« Il était attentif à ce qu’il vivait et a tenté d’expliquer l’estime dans laquelle il tenait les Forces armées canadiennes, son désir de faire partie de celles-ci et sa frustration de ne pas pouvoir franchir cette barrière. »

Wharton a également déclaré qu’il croyait que les actions de Gervais en 2014 « n’avaient aucune intention malveillante. »

Le ministre O’Toole se déclare satisfait

Le minsitre des Anciens combattants, Erin O’Toole, s,est pour sa part déclaré satisfait de l’issue de l’affaire.

«Le respect pour les Forces armées canadiennes, ceux en service et les vétérans, est représenté par le port de l’uniforme en public, et quand méritées, des médailles. Je suis heureux de voir qu’il y a un processus légal en place pour protéger l’uniforme et nous rappeler que les hommes et femmes en uniforme dans les Forces armées canadiennes risquent leur vies pour que notre pays demeure fort, fier et libre.», a déclaré le ministre.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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