Colombie et Venezuela réunis pour tenter de résoudre leur crise frontalière

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Le Venezuela, où l'essence est la moins chère au monde,  a fermé le 24 août 2015 une partie de sa frontière avec la Colombie pour lutter, notamment, contre la contrebande d'essence dont la différence de prix est si grande entre les deux pays que le trafic d'essence est devenu plus lucratif que le narcotrafic. (RNV)
Le Venezuela, où l’essence est la moins chère au monde, a fermé le 24 août 2015 une partie de sa frontière avec la Colombie pour lutter, notamment, contre la contrebande d’essence dont la différence de prix est si grande entre les deux pays que le trafic d’essence est devenu plus lucratif que le narcotrafic. (RNV)

Les ministres colombien et vénézuélien des Affaires étrangères se rencontraient mercredi pour tenter de résoudre la crise provoquée par la fermeture d’une partie de la frontière pour lutter contre la contrebande, qui s’est doublée de l’expulsion d’un millier de Colombiens du Venezuela.

Maria Angela Holguin, côté colombien, et Delcy Rodriguez, côté vénézuélien, étaient réunies en début de soirée à Carthagène (Colombie) et une déclaration était attendue à l’issue de leur rencontre destinée notamment, pour Bogota, à protester « pour la façon dont ont été maltraités » les Colombiens, selon les propres mots du président Juan Manuel Santos.

La situation entre les deux pays voisins sud-américains s’est brusquement tendue il y a une semaine, après une embuscade à la frontière, dans laquelle trois militaires et un civil ont été blessés.

En réaction, Caracas a décrété l’état d’exception pour 60 jours et fermé de manière « indéfinie » une partie de sa frontière, une zone poreuse de 2.219 kilomètres où se multiplient les activités de guérilleros, de paramilitaires, de trafiquants de drogue, mais aussi de nombreux contrebandiers.

Mais cette mesure, qui vise avant tout le trafic d’essence et d’aliments du Venezuela, où ils coûtent beaucoup moins cher, vers le Colombie, s’est doublée de l’expulsion, en quelques jours, de plus d’un millier de Colombiens installés au Venezuela, accusés de ne pas être en règle.

Des centaines de Colombiens ont aussi quitté précipitamment le Venezuela où ils habitent, craignant d’être expulsés sans pouvoir rien emmener.

À Cucuta, de l’autre côté de la frontière, un centre d’urgence pour les Colombiens expulsés a été installé et a reçu jusqu’à présent 1.088 personnes, dont 244 mineurs, selon le bureau colombien des migrations.

Le président Santos s’en est vivement ému: « La situation des compatriotes au Venezuela et de ceux qui vivent à la frontière nous inquiète », a-t-il déclaré en conférence de presse, et « nous exigeons du gouvernement de Venezuela le respect pour tous les Colombiens, des plus humbles aux plus puissants ».

Mercredi, la Colombienne Olinda Prado, expulsée après avoir vécu 10 ans au Venezuela, confiait son désarroi.

« Nous n’avons nulle part où amener nos affaires », déclarait-elle à l’AFP, après avoir traversé comme tant d’autres le fleuve Tachira, frontière naturelle entre les deux pays, avec le peu de choses qu’elle a pu emporter.

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