Colombie: les Farc proposent un accord pour la recherche des disparus

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La Délégation des FARC aux négociations de paix avec le gouvernement colombien à La Havane le 30 juillet 2015. Au centre, Ivan marquez, entouré de Pastor Alape (g) et Pablo Catatumbo (d) (Archives/Délégation des FARC)
La Délégation des FARC aux négociations de paix avec le gouvernement colombien à La Havane le 30 juillet 2015. Au centre, Ivan marquez, entouré de Pastor Alape (g) et Pablo Catatumbo (d) (Archives/Délégation des FARC)

La guérilla colombienne des Farc a proposé dimanche au gouvernement de Bogota de conclure un accord pour la recherche des dizaines de milliers de personnes disparues durant le plus vieux conflit armé d’Amérique latine.

La proposition a été faite par le chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Ivan Marquez, à l’issue d’un cycle de négociations de paix à La Havane.

« Ces négociations doivent entériner des engagements de désescalade qui incluent la recherche des personnes considérées comme disparues », a-t-il déclaré à la presse.

« Bien que les chiffres des cas de disparitions forcées ne soient pas identiques, tous parlent de dizaines de milliers de victimes, et toutes les sources coïncident pour dire qu’il y a eu plus de disparitions en Colombie que durant les dictatures au Chili et en Argentine réunies », a-t-il ajouté.

Quelque 50.000 personnes sont disparues durant le conflit colombien, vieux d’un demi siècle, selon des chiffres officiels. Ces chiffres atteignent 30.000 pour la période de la dictature argentine (1976-1983) et 3.200 pour la chilienne (1973-1990).

M. Marquez a ajouté que ce cycle de négociations avait permis des « avancées » et que « le processus progresse vers un accord final ».

La délégation gouvernementale, conduite par l’ancien vice-président colombien Humberto de la Calle, n’a pas de fait de déclaration à la presse.

Les discussions doivent reprendre le 10 septembre.

Les Farc, principale rébellion du pays, négocient depuis fin 2012 avec le gouvernement pour trouver une issue à ce conflit qui a fait quelque 220.000 morts, et provoqué le déplacement de six millions de personnes.

Après un regain de tension il y a quelques mois, les deux parties ont apaisé leurs relations grâce, d’un côté, au cessez-le-feu appliqué par les Farc depuis le 20 juillet, et de l’autre à la suspension par le gouvernement des bombardements aériens contre la guérilla.

Gouvernement et rébellion ont aussi annoncé en juillet un accord historique pour une « désescalade » du conflit, qui prévoit une réduction des opérations de l’armée, ouvrant la voie à un véritable cessez-le-feu bilatéral et définitif, pour la première fois depuis l’ouverture des pourparlers de paix.


Discours d’Ivan Marquez, le chef de la délégation des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Ivan Marquez, à l’issue du dernier cycle de négociations de paix à La Havane le 30 août 2015. (Délégation des FARC)

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