Combats dans le nord du Mali : zone de sécurité autour de Kidal à compter de mardi

Un soldat malien dans la ville de Kidal, au nord du Mali, le 17 mai 2014 (Fabien Offner/AFP)
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Un soldat malien dans la ville de Kidal, au nord du Mali, le 17 mai 2014 (Fabien Offner/AFP)
Un soldat malien dans la ville de Kidal, au nord du Mali, le 17 mai 2014 (Archives/Fabien Offner/AFP)

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a annoncé la mise en place à compter de mardi d’une zone de sécurité autour de la ville de Kidal (nord) en raison des combats meurtriers lundi entre un groupe armé progouvernemental et la rébellion à dominante touareg dans le secteur.

Lundi était le troisième jour de violences entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) et le Groupe armé d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako) autour de la ville de Kidal, fief de la CMA.

Les affrontements de lundi, les plus violents, se sont déroulés à Anéfis, à quelque 120 km au sud-ouest de Kidal, et ont fait au moins dix morts et de nombreux blessés, selon une source sécurité au sein de la Minusma.

Un responsable du Gatia, Fahad Ag Almahmoud a assuré que son mouvement avait fait 15 morts, dont des chefs militaires dans le camp adverse, auquel il a en outre pris Anéfis. La CMA a confirmé les combats, sans énoncer de bilan.

Dans un communiqué, la Minusma réitère sa ferme condamnation des affrontements armés entre les deux groupes depuis le 15 août dernier, y compris la prise d’Anéfis aujourd’hui (lundi) par des éléments de la Plate-forme, coalition de groupes pro-Bamako comprenant le Gatia.

Pour parer à toute éventualité d’une extension des combats qui pourraient affecter la population de la ville de Kidal, elle annonce l’établissement d’une zone de sécurité de 20 km autour de la ville de Kidal.

Cette mesure entrera en vigueur à partir de demain mardi 18 août à 8H00 (locales et GMT), et le restera jusqu’à nouvel ordre, précise-t-elle.

Tout mouvement à l’intérieur de cette zone de sécurité par des éléments de la Plate-forme, ou affiliés à la Plate-forme, sera considéré comme constituant un danger imminent pour la sécurité de la population de la ville de Kidal, ajoute-t-elle.

En cas de violation de cette zone de sécurité par des éléments de la Plate-forme, ou affiliés à la Plate-forme, la Minusma agira en conséquence conformément à son mandat, a-t-elle averti.

Selon une source de sécurité étrangère dans la région de Kidal, cela veut que la Minusma empêchera par tous les moyens toute personne membre de groupes progouvernementaux de pénétrer dans cette zone. Une autre source occidentale jointe à Bamako a évoqué à l’AFP une sorte de zone d’exclusion, sans plus de détails.

Par ailleurs, et en parallèle, ajoute la Minusma dans son communiqué, des enquêtes seront conduites pour déterminer les responsabilités en matière de violation du cessez-le-feu et les conclusions seront partagées avec le Conseil de sécurité.

Elle exhorte les parties à immédiatement cesser les combats et à retourner sur les positions qu’elles occupaient avant le 15 août 2015 et le début des violences.

Le Gatia et la CMA font partie des signataires de l’accord de paix au Mali conclu à Alger, signé le 15 mai par le gouvernement malien et ses groupes alliés, puis le 20 juin par la rébellion.