Vingt-six obus découverts sur le terrain d’un magasin de Québec ont été transportés à la base Valcartier

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Le magasin de quincaillerie et matériaux Canac sur le boulevard Henri-Bourassa, dans l'arrondissement Charlesbourg de la ville de Québec, où ont été découverts des obus le 7 août 2015 lors de travaux sur le terrain. (Google View)
Le magasin de quincaillerie et matériaux Canac sur le boulevard Henri-Bourassa, dans l’arrondissement Charlesbourg de la ville de Québec,où ont été découverts des obus le 7 août 2015 lors de travaux sur le terrain. (Google View)

Vingt-six obus trouvés vendredi 7 août lors de travaux d’excavation sur le terrain d’un magasin de quincaillerie et matériaux Canac sur le boulevard Henri-Bourassa, dans l’arrondissement Charlesbourg de la ville de Québec ont finalement été transportés à Valcartier.

C’est la première fois qu’on trouve un nombre aussi impressionnant d’obus sur un terrain civil.

Des policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) avaient été dépêchés sur les lieux vendredi pour identifier la surprenante découverte, puis le dossier a été transféré aux Forces armées canadiennes.

«Nous avons reçu vers 14h25 un appel du 4250 boulevard Henri-Bourassa concernant des travailleurs qui effectuaient des travaux d’excavations qui auraient trouvé des objets de type artillerie militaire», a déclaré Christine Lebrasseur, porte-parole du SPVQ. Les policiers ont alors érigé un périmètre de sécurité autour du chantier de construction jusqu’à l’arrivée de l’équipe des Forces armées canadiennes qui a alors pris en charge la situation.

«Le groupe de soutien de la deuxième division du Canada a désigné une équipe pour récupérer les obus», a déclaré pour sa part le porte-parole de la Défense nationale, Daniel Blouin. «L’équipe devait identifier les obus et s’assurer que leur transport était sécuritaire».

«Si les obus sont jugés sécuritaires, ils vont être transportés à Valcartier pour destruction ultérieure. En revanche, s’ils sont dangereux, ils vont être détruits sur place avec du matériel explosif militaire ou dans un endroit sécuritaire proche du site», avait alors précisé Daniel Blouin, qui n’a pu toutefois expliquer pourquoi des obus se trouvaient enfouis sur le terrain du Canac.

Et au moment d’écrire ses lignes, les obus sont bien arrivés à la base des Forces armées Valcartier, à une vingtaine de km du magasin où ils ont été découverts, et le processus d’identification des obus est toujours en cours. Il n’est donc pas possible pour le moment de savoir quel âge pouvaient avoir ses obus, comment ils ont ou se retrouver là, ni quel danger ils représentaient, toutes des questions auxquelles devra répondre l’enquête des Forces canadiennes.

Nombre record d’obus trouvés en un même endroit

Il arrive de temps à autre, ici comme ailleurs, qu’on retrouve un obus non explosé.

Tout récemment encore, en juin 2015 à Toronto, un homme avait trouvé un obus dans le garage d’une maison qu’il venait d’acheter sur une petite rue paisible près des terrains de la Toronto Transit Commission. Là aussi, la police avait aussitôt fait appel aux Forces armées qui ont transporté l’objet jusqu’à la BFC Borden à plus d’une centaine de km de là. On a jamais vraiment su comment l’obus avait pu se retrouver dans le garage de cet homme.

Ici, au Québec, les Forces armées avaient été appelées en mai 2013 pour sécuriser un engin, que l’on croit être un obus, découvert sous une maison mobile à Fermont dans le nord du Québec. Une équipe d’experts en explosifs de la base des Forces armées de Bagotville, à 900 km de là, avait été dépêchée sur les lieux. Finalement, l’équipe de neutralisation des Forces armées, arrivée sur les lieux à bord d’un hélicoptère, avait délicatement emporté l’obus, plus loin, en dehors de la ville pour le faire exploser en toute sécurité.

Un obus, deux obus, ça c’était déjà vu, mais 26! On avait javais trouvé autant d’obus ici en même temps au même endroit sur un terrain civil en temps de paix que cette semaine dans cet arrondissement tranquille de Québec.

Jusqu’à maintenant, la plupart des obus trouvés sur des terrains civils dans le monde étaient anciens et dataient des deux grandes guerres ou de la guerre de Corée.

Au début du siècle, il y avait des campements militaire dans toute la région, notamment là où se trouve aujourd’hui l’arrondissement ce qui pourrait peut-être expliquer la présence des obus. Mais il faudra attendre la fin de l’enquête pour connaître le fin mot de cette histoire étonnante.

D’ici là, les Forces armées canadiennes rappellent à tous ceux qui pourraient faire de pareilles découvertes de ne pas approcher les obus et de communiquer tout de suite avec les autorités, a tenu à souligner aujourd’hui le porte-parole de la Défense nationale lors de son entretien avec 45eNord.ca..

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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