Erdogan le «Terminator»: le président turc poursuivra l’offensive jusqu’au dernier «terroriste» kurde

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Le président Recep Tayyip Erdogan, alors qu'il était premier-ministre, le 19 novembre 2013 au Parlement, à Ankara. (Archives/Adem Altan/AFP)
Le président Recep Tayyip Erdogan, alors qu’il était premier-ministre, le 19 novembre 2013 au Parlement, à Ankara. (Archives/Adem Altan/AFP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi à Ankara qu’il poursuivrait sa campagne contre les militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) jusqu’à ce qu’il ne reste aucun terroriste.

« Nous continuerons notre combat jusqu’à ce que les armes soient déposées (…) et qu’il ne reste plus un seul terroriste à l’intérieur de nos frontières », a dit le président turc dans un discours télévisé, ajoutant que la campagne aérienne de plus de deux semaines contre le PKK avait déjà infligé des pertes sérieuses à ce groupe.

Il a aussi affirmé aussi que des opérations efficaces avaient été menées contre le groupe Etat islamique (EI). « Nous avons aussi mené des opérations efficaces contre Daech (ndlr : acronyme arabe désignant l’EI) qui menace notre sécurité », a-t-il dit.

« Nous ne faisons pas de différence entre les organisations terroristes. Quel que soit son but, une organisation terroriste est pour nous une organisation terroriste », at-il souligné.

Le président Erdogan a ajouté que le processus de paix entamé avec le PKK était maintenant gelé. « Malheureusement, ils n’ont pas compris ce qui avait été fait pour eux, le processus de règlement est donc maintenant gelé », a-t-il dit.

Ankara a lancé le 24 juillet une guerre contre le terrorisme visant simultanément le PKK et les combattants de l’EI en Syrie. Mais les dizaines de raids aériens suivants se sont concentrés sur la guérilla kurde, seuls trois ayant été signalés contre l’EI.

L’agence progouvernementale Anatolie a donné le week-end dernier un bilan de 390 rebelles du PKK tués lors des raids menés par les chasseurs turcs contre les bases-arrières de la guérilla dans le nord de l’Irak, et d’une trentaine des membres de forces de sécurité turques tués.

Le contexte est très tendu depuis avec des attaques quotidiennes de la guérilla kurde et des représailles des forces d’Ankara qui ont mis un terme à près de trois ans de trêve entre les parties dans le cadre d’un processus de paix.

Washington dément un accord sur une zone de sécurité en Syrie

Pendant ce temps, les États-Unis ont démenti mardi un accord avec la Turquie sur la création d’une zone de sécurité dans le nord de la Syrie dans le cadre de leur campagne contre l’État islamique (EI). L’accord avait été annoncé par la chaîne CNN Türk, citant un haut responsable turc.

« Il n’y a aucun accord sur quelque zone que ce soit », a déclaré Mark Toner, porte-parole du département d’État, interrogé lors d’un point de presse sur les informations de CNN Türk.

La chaîne, citant le sous-secrétaire d’État turc aux Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu, a rapporté que les deux pays s’étaient accordés pour que des combattants rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) soient chargés de patrouiller au sol dans cette zone d’une centaine de kilomètres de long sur 45 de large.

Mark Toner a dit n’avoir pas eu connaissance des déclarations citées et ne pas pouvoir les commenter. « Nous avons été assez clairs en disant qu’il n’y avait aucune zone, aucun sanctuaire, ce n’est pas de cela que nous parlons. Ce dont nous parlons, c’est d’un effort soutenu pour chasser l’EI de la région », a-t-il affirmé.

Les combattants kurdes auraient été visés

La Turquie et les États-Unis coopèrent sur l’apport d’un soutien aérien aux rebelles syriens afin de repousser l’EI de la région bordant la frontière turque.

Dans le cadre de cette coopération, des rebelles entraînés par l’armée américaine devraient combattre les troupes de l’EI au sol et contribuer à coordonner des frappes aériennes de la coalition emmenée par les Etats-Unis depuis des bases turques.

Mais, selon CNN Türk, Feridun Sinirlioglu a précisé que les forces turques et américaines bombarderaient les djihadistes de l’EI mais aussi les combattants kurdes qui se trouveraient à l’intérieur de la zone de sécurité.

Des sources diplomatiques informées du projet ont déclaré que la création de cette « zone de sécurité » pourrait permettre de couper l’une des voies d’approvisionnement de l’EI dans cette région.

Le noyau des rebelles entraînés par l’armée américaine, qui compte moins de 60 combattants, sera lourdement équipé et en mesure de faire appel à un soutien aérien en cas de besoin, ont précisé ces sources.

Des responsables américains ont auparavant déclaré que les discussions étaient en cours sur les limites d’une éventuelle zone de sécurité le long de la frontière turco-syrienne, mais ils ont réfuté l’idée d’une zone d’exclusion aérienne.

Ces derniers jours, l’État islamique a accentué ces opérations dans la région située au nord d’Alep, notamment dans la ville de Marea, à une vingtaine de kilomètres au sud de la frontière avec la Turquie. Lundi, le Front al Nosra, branche syrienne d’Al Qaïda, a annoncé son retrait de ces zones.

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