États-Unis: deux femmes militaires réussissent la prestigieuse Ranger School de l’armée américaine

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Les huit militaires américaines pour être les premières femmes à réussir la formation d'élite des Rangers n'ont pas réussi à se qualifier du premier coup (US Army News and Media)
États-Unis, pour la première fois, deux femmes militaires réussissent la prestigieuse Ranger School de l’armée américaine (US Army News and Media)

Deux femmes ont réussi pour la première fois la très prestigieuse et rude formation militaire américaine des Rangers, une victoire symbolique importante pour ceux qui défendent l’accès des femmes à tous les postes de combat de l’armée américaine.

« Félicitations à tous nos nouveaux Rangers (…). Cette session a prouvé que chaque soldat, quel que soit son genre, peut développer tout son potentiel » dans l’armée, estime le secrétaire à l’armée de terre américaine, John M. McHugh, dans un communiqué.

Dix-neuf femmes avaient commencé en avril la première session de la Ranger school ouverte aux femmes. Mais seules deux ont réussi à aller jusqu’au bout pour décrocher le fameux insigne, une troisième restant encore en lice mais n’ayant pas encore réussi toutes les épreuves.

Leur réussite est une victoire importante pour tous ceux qui défendent la complète intégration des femmes dans l’armée, y compris aux postes de combat les plus exposés.

L’administration Obama a décidé en 2013 que tous les postes de l’armée devaient être ouverts aux femmes à partir du 1er janvier 2016.

Mais tous les bastions ne sont pas tombés pour autant car les différents services (Terre, Air, Mer, Marines) ont jusqu’à cet automne pour demander des exemptions, qui devront être dûment justifiées.

Certaines unités des forces spéciales pourraient demander une telle exemption. Et aucune femme pour l’instant n’a réussi les épreuves de la formation d’officier d’infanterie des Marines, corps d’élite de l’armée américaine.

Créée pendant la guerre de Corée, la Ranger school vise à former des soldats d’élite, très résistants physiquement et moralement et capables de diriger des hommes – et des femmes – dans les conditions les plus difficiles.

L’entraînement dure en théorie 61 jours, mais beaucoup, comme les deux premières diplômées de lundi, sont contraints de redoubler les différentes phases. En moyenne, environ 40% des élèves réussissent à aller jusqu’au bout.

« Les élèves font à peu près 20 heures d’entraînement par jour, avec deux repas par jour ou moins (…) et une moyenne de 3 heures et demie de sommeil », selon l’association des Rangers de l’US Army.

« Ils portent en général 29 à 41 kilos d’équipement », et font « environ 320 kilomètres de patrouilles » pendant la formation, qui les emmène notamment dans les montagnes de Géorgie, ou dans les marais de Floride.

L’armée américaine comporte environ 15% de femmes. Depuis la décision de l’administration Obama de généraliser l’ouverture des postes de combat aux femmes, les Etats-Unis ont fait à peu près le tiers du chemin, avec quelque 91.000 postes ouverts, sur un total de 331.000 réservés aux hommes en 2013.

Les femmes peuvent désormais entretenir des chars lourds Abrams, opérer des batteries lance-roquettes, être maître-chien pour le déminage.

Mais le feu vert reste encore à donner pour les postes de combat de l’infanterie, des blindés ou des chars, et pour la plus grande partie des forces spéciales.

Une partie des diplômés de la Ranger school servent dans le 75e régiment des Rangers, une unité de l’armée de terre utilisée pour des opérations spéciales.

Les autres reviennent dans leur unité d’origine, pour leur faire bénéficier de leur expérience. Ce sera le cas des deux nouvelles diplômées… car le 75e régiment n’est pas encore ouvert aux femmes.


Des femmes à la Ranger School en avril 2015. (Vidéo Watertown Daily Times)

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