Fermeture de la frontière: la Colombie rappelle son ambassadeur au Venezuela

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La ville frontière de San Antonio de Tachira au Venezuela après l'expulsions d'un milliers de Colombiens en pleine crise frontalières opposant les deux pays. (AFP)
La ville frontière de San Antonio de Tachira au Venezuela après l’expulsions d’un milliers de Colombiens en pleine crise frontalières opposant les deux pays. (AFP)

Le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a annoncé jeudi son intention de rappeler pour consultations son ambassadeur à Caracas en raison du comportement « inacceptable » du Venezuela dans la crise frontalière entre les deux pays qui a éclaté vendredi dernier.

« J’ai donné des instructions à la ministre des Affaires étrangères pour qu’elle rappelle pour consultations notre ambassadeur au Venezuela », a indiqué le président de centre-droit lors d’une cérémonie publique.

La ministre, Maria Angela Holguin, a également été chargée de « convoquer une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l’Unasur (Union des nations sud-américaines). Nous voulons raconter au monde (…) ce qu’il se passe, parce que cela est totalement inacceptable », a ajouté le président.

M. Santos a expliqué avoir pris cette décision après le non respect par le Venezuela d’un accord trouvé la veille permettant une visite du Défenseur du peuple colombien dans la ville frontière de San Antonio de Tachira pour vérifier des allégations d’abus commis sur des Colombiens expulsés.

"¡El mundo se debe enterar de lo que está ocurriendo en la frontera!".Juan Manuel Santos – Presidente

Posted by Presidencia de la República de Colombia on jeudi 27 août 2015

La situation entre les deux voisins sud-américains s’est brusquement tendue il y a une semaine, après une embuscade à la frontière, dans laquelle trois militaires et un civil ont été blessés, et attribuée par le Venezuela à « des paramilitaires » colombiens.

En réaction, Caracas a décidé de décréter l’état d’exception pour 60 jours et de fermer de manière « indéfinie » une partie de sa frontière, une zone poreuse de 2.219 kilomètres où se multiplient les activités de guérilleros, de paramilitaires, de trafiquants de drogue, mais aussi de nombreux contrebandiers.

Mais cette mesure, qui vise avant tout le trafic d’essence et d’aliments du Venezuela, où ils coûtent beaucoup moins cher, vers le Colombie, s’est doublée de l’expulsion, en quelques jours, de plus d’un millier de Colombiens installés au Venezuela, accusés de ne pas être en règle.

Selon le dernier rapport officiel, 1.097 personnes ont été expulsées du Venezuela et on compte jusqu’à 6.000 réfugiés volontaires, pris en charge à leur arrivée en Colombie par la Croix Rouge et des agences de l’ONU.

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