Irak: le processus de réformes ne sera pas facile, prévient le Premier ministre

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Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi à Najaf (Irak) le 20 octobre 2014 (Haidar Hamdani/AFP)
Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi à Najaf (Irak) le 20 octobre 2014 (Haidar Hamdani/AFP)

L’application des réformes visant à lutter contre la corruption et améliorer la gouvernance ne sera pas facile car les responsables corrompus se battront contre le changement, a prévenu mercredi le Premier ministre irakien.

Ce processus ne sera pas facile, ce sera douloureux, a déclaré à la télévision Haider al-Abadi, qui a présenté dimanche sous la pression populaire un ambitieux plan de réformes approuvé à l’unanimité et sans débat mardi au Parlement.

Les corrompus ne resteront pas les bras croisés, a-t-il ajouté. Ils tenteront de saboter chaque étape que nous faisons.

Ces réformes se veulent une réponse au mécontentement de la population, qui manifeste depuis plusieurs semaines par milliers à Bagdad et dans le sud du pays contre la corruption de la classe politique et le délabrement des services publics, notamment les fréquentes coupures d’électricité. Même la plus haute autorité chiite du pays a appelé M. Abadi à prendre des mesures drastiques contre la corruption.

La mise en application de ces réformes, qui visent à réformer en profondeur le fonctionnement de l’Etat, s’annonce ardue car la corruption touche l’ensemble du spectre politique irakien.

Le Premier ministre a promis mercredi que son parti ou ses amis politiques ne seraient pas épargnés par l’application du plan de réformes. Si quelqu’un est corrompu dans mon parti, je suis contre lui, a-t-il dit. S’il y a une bonne personne dans le parti rival, je suis avec elle.

La mesure phare du plan Abadi est la suppression immédiate des postes des trois vice-Premier ministres et trois vice-présidents, dont Nouri al-Maliki, prédécesseur et rival de M. Abadi dont les deux mandats ont été marqués par des accusations de corruption et d’autoritarisme.

Dans ce contexte, M. Abadi a ordonné mercredi le limogeage du secrétaire général du gouvernement et de ses deux adjoints, selon un communiqué de son cabinet qui n’en a pas précisé les raisons de cette décision.

Le secrétaire général du gouvernement, Mohammed Khalaf Ahmed, qui était le directeur de cabinet de Nouri al-Maliki quand ce dernier était Premier ministre.

M. Maliki a dirigé le gouvernement de 2006 à août 2014. Il a été accusé d’avoir orchestré la marginalisation de la minorité sunnite en Irak et de ne pas avoir su empêcher la débâcle face à l’offensive fulgurante lancée l’an dernier dans ce pays par les jihadistes du groupe Etat islamique.

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