John Kerry relance le dialogue stratégique avec Le Caire

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Le Secrétaire d'État américain, John Kerry, en conférence de presse avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukry, répond aux journalistes après une série de réunions dans le cadre du dialogue stratégique entre les États-Unis et l'Égypte au Caire, en Égypte, le 2 Août 2015. (Département d'État)
Le Secrétaire d’État américain, John Kerry, en conférence de presse avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shoukry, répond aux journalistes après une série de réunions dans le cadre du dialogue stratégique entre les États-Unis et l’Égypte au Caire, en Égypte, le 2 Août 2015. (Département d’État)

John Kerry a relancé dimanche au Caire le « partenariat stratégique » entre l’Égypte et les États-Unis. Le secrétaire d’Etat américain a promis le soutien de Washington en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

Les deux pays, aux relations tumultueuses depuis la révolte égyptienne de 2011, se sont plus ou moins rabibochés ces derniers mois, notamment grâce à la reprise en mars de l’assistance militaire américaine de 1,3 milliard de dollars par an. Cette visite de John Kerry est la première étape d’une tournée au Moyen-Orient et en Asie.

En matinée, John Kerry a co-présidé avec son homologue égyptien Sameh Choukri le « dialogue stratégique », dont la dernière édition remonte à 2009. Il devait également s’entretenir plus tard dans la journée avec le président Abdel Fattah al-Sissi.

Dans des déclarations retransmises à la TV, M. Kerry a affirmé la volonté de son pays d’aider économiquement et politiquement l’Égypte. « Le peuple américain est attaché à la sécurité et au bien-être économique du peuple égyptien. L’amitié entre nos pays n’est pas basée sur une sorte d’entente parfaite mais sur une prise de conscience profonde de nos intérêts communs dans les domaines de la sécurité régionale et de l’antiterrorisme », a-t-il déclaré.

En aparté, un diplomate américain a indiqué sous couvert de l’anonymat: « Nous sommes profondément inquiets de ce qui se passe dans le Sinaï », où les attaques de djihadistes contre l’armée égyptienne sont incessantes.

Le nord du Sinaï est le bastion du groupe djihadiste Ansar Beït al-Maqdess qui s’est rebaptisé « Province du Sinaï » pour marquer son allégeance au « califat » autoproclamé par le groupe Etat islamique (EI) sur des pans entiers de l’Irak et de la Syrie.

Livraison d’avions

La situation sécuritaire dangereuse dans cette zone a entraîné fin juillet la prolongation de l’état d’urgence décrété en octobre. Les attentats visant les forces de sécurité se sont multipliés depuis que l’armée égyptienne a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013. Des centaines de policiers et de soldats ont été tués lors d’attaques, selon les forces de sécurité égyptiennes qui disent avoir tué de leur côté plus d’un millier de djihadistes.

Dans le cadre de la levée du gel de son aide militaire, Washington a annoncé la livraison vendredi au Caire de huit avions F-16, sur les 12 chasseurs promis en mars par le président Barack Obama.

Les États-Unis continuent toutefois à dénoncer la terrible répression menée par le régime du président Sissi contre les partisans de son prédécesseur, les Frères musulmans de l’islamiste Morsi, renversé en juillet 2013, emprisonné et condamné à mort.

John Kerry est accompagné dans son périple en Égypte par son adjoint chargé des droits humains au département d’État, Tom Malinowski. Ils devaient exprimer ensemble leurs « inquiétudes » sur « les questions des droits de l’homme », a assuré la diplomatie américaine.

L’accord sur le nucléaire iranien

Par ailleurs, Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a estimé dimanche au Caire que l’accord sur le nucléaire iranien allait sans doute rendre le Moyen-Orient plus sûr, à l’issue de discussions avec l’allié égyptien.

Il n’y a absolument pas de doute que si l’accord de Vienne est entièrement appliqué, l’Egypte et tous les pays de cette région seront plus en sécurité qu’ils ne le sont ou qu’ils ne l’ont jamais été, a affirmé M. Kerry lors d’une conférence de presse avec son homologue égyptien Sameh Choukri.

Les États-Unis et l’Egypte reconnaissent que l’Iran est engagé dans des activités déstabilisatrices dans la région, et c’est pour cela qu’il est si important de s’assurer que le programme nucléaire iranien demeure entièrement pacifique, a-t-il ajouté.

L’Égypte et d’autres pays de la région, dont l’Arabie saoudite, soupçonnent l’Iran de vouloir étendre son influence au Moyen-Orient et l’accuse de s’ingérer dans leurs affaires internes.

M. Kerry devait encore s’entretenir avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, avant de s’envoler tard dimanche soir pour Doha.

Lundi, il rencontrera ses homologues des six monarchies sunnites du Golfe et tentera d’apaiser leurs craintes suscitées par l’accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet entre Téhéran et les grandes puissances.

Ce voyage prévu jusqu’au 8 août, qui l’emmènera aussi en Asie du Sud-Est, ne comprend pas d’étape en Israël, l’allié indéfectible des États-Unis mais aussi le plus farouche opposant au compromis avec Téhéran.

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