Kim Jong-un se déclare en «état de guerre» contre son voisin du Sud

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un prononce son discours du Nouvel An (KCNA)
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. (Archives/KCNA)

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a ordonné aux troupes de première ligne d’être prêtes au combat contre la Corée du Sud et a déclaré un « quasi-état de guerre », rapportent les médias officiels nord-coréens ce vendredi médias après que les deux Corées ont échangé la veille des tirs de roquettes et d’obus à la frontière occidentale.

Jeudi, la Corée du Sud a tiré des dizaines d’obus en territoire nord-coréen après avoir détecté des tirs d’artillerie à partir de la Corée du Nord par dessus la frontière fortement militarisée qui divise la péninsule.

Selon la télévision nord-coréenne, Kim Jong-un a convoqué une réunion d’urgence de la commission militaire du parti au pouvoir après l’échange de tirs et a ordonné aux commandants des forces nord-coréennes de se rendre en première ligne pour se préparer à des opérations militaires.

«Les commandants de l’Armée populaire de Corée ont été hâtivement dépêchés vers les troupes de première ligne pour commander les opérations militaires pour détruire les outils de la guerre psychologique, si l’ennemi ne cesse la diffusion de la propagande dans les 48 heures et se préparer à des contre-mesures possibles de l’ennemi », a déclaré la télévision nationale nord-coréenne.

Pyongyang avait adressé aujourd’hui un ultimatum de 48 heures à Séoul pour démanteler ses haut-parleurs diffusant des messages de propagande à la frontière, faute de quoi la Corée du Sud s’exposerait à des actions militaires. Le message, publié un peu plus tôt par l’état-major de l’armée nord-coréenne, fixait la fin de l’ultimatum à samedi 08h00 GMT.

Toute cette histoire a commencé lorsque le Nord a tiré une roquette sur une ville frontalière sud-coréenne jeudi après-midi, ce qui a déclenché la riposte des troupes de première ligne sud-coréennes. Il semble qu’il n’y ait eu aucune victime.

Mais, peu après eu après le bombardement, la Corée du Nord a réitéré sa menace d’intervenir militairement si la Corée du Sud ne cesse de sa campagne de propagande anti-Pyongyang, menaçant de mener des «frappes indiscriminées» sur la Corée du Sud à moins de Séoul arrêté la diffusion de sa « propagande » par haut-parleurs.

Quant à la guerre de mots entre les deux Corées, elle avait repris le 10 août quand Séoul a accusé Pyongyang d’avoir placé les mines antipersonnel qui avaient blessé grièvement deux de ses soldats en patrouille à la frontière et brandi la menace de représailles.

Les deux États sont, de toutes façons, «techniquement» en guerre

De toutes façons, les deux États rivaux sont toujours techniquement en guerre, la guerre de Corée (1950-53) ayant pris fin avec un cessez-le-feu plutôt qu’un traité d’armistice.

La dernière attaque directe commise contre le Sud remontait auparavant à décembre 2010, lorsque la Corée du Nord avait bombardé l’île sud-coréenne de Yeonpyeong, en réponse à un exercice militaire de Séoul près de la frontière maritime disputée entre les deux pays. Le Sud avait alors répliqué en tirant des obus sur des positions nord-coréennes, ce qui avait fait craindre le déclenchement d’un conflit à plus grande échelle.

Depuis 1953 que les deux frères ennemis échangent invectives et menaces, y allant même, pour la Corée du Nord, d’essais de missiles pour mieux frapper l’imagination de ses adversaires, on s’est souvent demandé si la situation ne finira pas, un jour, par déraper et par échapper à tout contrôle.

Pyongyang n’en est toutefois pas à sa première «déclaration de guerre». Récemment, il y a à peine deux ans, la Corée du Nord annonçait déjà qu’elle était «en état de guerre» avec le Sud, une menace prise «au sérieux» par Washington mais minimisée alors par Séoul.

Quand les «déclarations de guerre» des dirigeants mord-coréens seront-elles de vraies déclarations de guerre et comment se démêler dans tout ça, personne ne le sait. Souhaitons que, cette fois encore, ce ne soit qu’une fausse alerte.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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