La Hongrie annonce l’achèvement de sa clôture de barbelés antimigrants à la frontière serbe

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Un enfant de migrants traverse une clôture barbelée à Roszke à la frontière hongro-serbe le 28 août 2015. (AFP/ATTILA KISBENEDEK)
Un enfant de migrants traverse une clôture barbelée à Roszke à la frontière hongro-serbe le 28 août 2015. (AFP/ATTILA KISBENEDEK)

La Hongrie a achevé la pose de la clôture de fils de fer barbelés destinée à empêcher l’entrée des milliers de migrants qui se pressent à sa frontière avec la Serbie, a annoncé samedi le ministère de la Défense.

« La première partie de la clôture frontalière a été achevée deux jours avant la date-limite du 31 août », a indiqué le ministère dans un communiqué.

La clôture constituée de trois spirales superposées de fils de fer barbelés et qui a été posée sur les 175 km de la frontière avec la Serbie n’empêche cependant pas les migrants de la traverser, a récemment constaté sur place l’AFP.

Une palissade de quatre mètres de haut, dont la construction par l’armée hongroise a d’ores et déjà commencé, selon le ministère de la Défense, doit compléter le dispositif.

Le projet porté par le Premier ministre populiste Viktor Orban, entériné à une large majorité par le parlement hongrois le 6 juin, requerra plusieurs mois de travaux avant d’être réalisé dans son intégralité.

La construction de cette clôture antimigrants, similaire à celles déjà érigées par la Grèce, la Bulgarie et l’Espagne aux frontières extérieures de l’Union européenne, a été contestée par la Serbie, un pays qui aspire à entrer dans l’Union européenne. Les postes-frontières resteront cependant ouverts.

Ces deux dernières années, la Hongrie est devenue l’un des principaux pays de transit au sein de l’Union européenne pour des migrants tentant de rejoindre l’Autriche ou l’Allemagne. La plupart viennent d’Irak, d’Afghanistan, de Syrie et du Kosovo.

Rien que cette semaine, quelque 10.000 d’entre eux ont franchi la frontière entre la Hongrie et la Serbie.

Un millier de membres de la police des frontières y sont actuellement déployés côté hongrois et 2.000 autres doivent y être opérationnels à partir du 1er septembre, a annoncé le gouvernement à Budapest.

Les réfugiés continuent d’arriver massivement

En dépit de la clôture en barbelé, les réfugiés continuent d’arriver massivement en Hongrie par la frontière serbo-hongroise: ils étaient 2.700 samedi, selon les chiffres de la police communiqués dimanche.

Quelque « 2.700 personnes ont traversé la frontière serbo-hongroise samedi de manière illégale », a indiqué la police nationale hongroise dans un communiqué.

« La situation est calme dimanche matin, et il n’y a pas eu d’incidents dans la nuit de samedi à dimanche », a ajouté le communiqué.

Selon l’information du correspondant serbe de l’agence hongroise de presse MTI, le flux des migrants continuait.

Par ailleurs, quatre hommes – trois Bulgares et un Afghan – arrêtés vendredi en Hongrie dans le cadre de l’enquête sur le camion charnier trouvé en Autriche avec 71 corps, ont été présentés samedi devant le tribunal de Kecskemét, ville située à mi-chemin entre Budapest et la frontière serbe.

La justice les soupçonne d’être les « petites mains » d’un gang de trafic d’êtres humains et le parquet réclamait que les quatre hommes soient maintenus en détention en raison de la « nature exceptionnelle » du crime dont ils sont accusés.

Ils sont en détention préventive jusqu’au 29 septembre.

À Budapest, plusieurs centaines de réfugiés issus en majorité de la Syrie, campaient à la gare Keleti (de l’Est), attendant de pouvoir quitter le pays pour l’Allemagne. Mais les autorités hongroises ne les laissent embarquer que dans les trains en partance pour les camps de réfugiés de Debrecen ou Bicske.

« On veut partir! », « Allemagne! », figurait sur plusieurs pancartes tenues par les réfugiés.

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