La Russie «n’est pas attachée» à la personne d’Assad, affirme l’opposition syrienne en exil

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Rencontre, le 13 août 2015 à Moscou, du ministre russe des Affaires étrangères et de la Coalition nationale syrienne réunissant des représentants de l'opposition syrienne en exil et les responsables russes.(E.Pesov/Ministère russe des Affaires étrangères)
Rencontre, le 13 août 2015 à Moscou, du ministre russe des Affaires étrangères et de la Coalition nationale syrienne réunissant des représentants de l’opposition syrienne en exil et les responsables russes.(E.Pesov/Ministère russe des Affaires étrangères)

La Russie « n’est pas attachée à la personne » du président syrien Bachar al-Assad, a affirmé vendredi à Moscou le chef de la Coalition nationale syrienne, Khaled Khoja, au lendemain de ses négociations avec des responsables de la diplomatie russe.

« Les autorités russes ne sont pas attachées à la personne de Bachar al-Assad », a-t-il assuré, lors d’une conférence de presse, en affirmant que « la préservation de l’État syrien » et son intégrité territoriale « préoccupent la Russie plus que la personne du président ».

M. Khoja, qui a rencontré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, a par ailleurs réitéré son appel au départ du président syrien qui « n’a aucun rôle à jouer dans l’avenir » de Syrie.

« Nous avons toujours dit que nous ne soutenons pas Assad personnellement, mais nous soutenons le président légitimement élu de Syrie », a réagi la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, interrogée par l’AFP.

La Russie, l’un des derniers soutiens du régime syrien, prône actuellement une coalition élargie comprenant, notamment, la Turquie, l’Irak, l’Arabie saoudite, mais aussi l’armée régulière syrienne, et donc le président Bachar al-Assad, pour lutter contre le groupe État islamique (EI) en Syrie.

M. Khoja, qui dirige la principale formation d’opposants en exil, avait cependant rejeté cette proposition, dans une interview à l’agence de presse russe Interfax, avant même sa rencontre avec M. Lavrov.

« Le régime syrien a laissé l’EI prendre le contrôle des zones stratégiques » en Syrie « et ne peut donc pas être notre partenaire dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il insisté vendredi.

Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Jubeir, qui s’est rendu à Moscou mardi, a également rejeté l’initiative russe et réitéré son appel au départ du président syrien.

Après ses rencontres avec MM. Jubeir et Khoja, Sergueï Lavrov doit recevoir vendredi une délégation du Comité de la conférence du Caire, menée par l’opposant syrien Haytham Manna, ainsi que le diplomate égyptien Ramzi Ezzeddine Ramzi, adjoint à l’émissaire de l’ONU en Syrie, Staffan de Mistura.

Saleh Moslem, dirigeant de l’Union démocratique kurde (PYD), principale formation kurde en Syrie, s’est également rendu à Moscou cette semaine pour s’entretenir mercredi avec un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

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