L’AIEA tente d’atténuer les craintes américaines sur les inspections en Iran

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Le Directeur général de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano (Dean Calma/AFP)
Le Directeur général de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano (Dean Calma/AFP)

Le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de superviser les activités nucléaires iraniennes, a tenté mardi d’atténuer les craintes aux États-Unis concernant son inspection des activités nucléaires, passées ou futures, de l’Iran.

« Les accords avec l’Iran sont techniquement solides et en harmonie avec les pratiques de sécurité de l’AIEA. Ils ne compromettent en aucune façon nos normes », a assuré le chef de l’AIEA Yukiya Amano lors d’une réunion à Vienne.

L’AIEA a signé en juillet avec Téhéran une « feuille de route » autorisant une enquête sur son programme nucléaire, dans le cadre de l’accord conclu entre l’Iran et six grandes puissances (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie, Chine et Etats-Unis).

Cet accord a pour objectif de garantir que le programme nucléaire iranien ne peut avoir de débouchés militaires, en échange d’une levée progressive des sanctions internationales imposées en 2006.

L’Iran s’est notamment engagée à limiter le nombre de ses centrifugeuses, qui permettent d’enrichir l’uranium, et son stock de matière fissile, ce que l’AIEA, qui maintient actuellement jusqu’à dix inspecteurs par jour en Iran, sera chargée de contrôler.

Mais cela nécessitera plus de personnel et de matériel, et M. Amano a appelé lundi les pays membres à apporter des fonds supplémentaires de 9,2 millions d’euros par an.

L’accord de juillet charge aussi l’AIEA de faire la lumière sur la possible dimension militaire (PMD) du programme nucléaire iranien par le passé.

Téhéran, qui l’a toujours démenti, est soupçonné d’avoir mené des recherches clandestines jusqu’en 2003, et peut-être au-delà, pour un programme nucléaire militaire.

La levée des sanctions est conditionnée aux vérifications réalisées par l’AIEA.

Yukiya Amano s’était rendu début août au Congrès, dominé par les adversaires républicains du président américain Barack Obama, sans pour autant parvenir à rassurer les parlementaires qui seront appelés à se prononcer en septembre. Certains s’étaient notamment inquiétés des possibilités pour l’AIEA d’accéder au site de Parchin, où l’Iran est soupçonné d’avoir travaillé au développement de l’arme atomique par le passé.

L’Iran a transmis le 15 août à l’AIEA des documents sur son activité nucléaire passée, que l’agence devra passer en revue d’ici le 15 septembre. M. Amano devra rendre les résultats de l’enquête le 15 décembre.

Cependant, les détails de cette enquête sont confidentiels, ainsi qu’un accord séparé concernant la base militaire de Parchin.

L’ambassadeur de l’Iran auprès de l’AIEA, Reza Najafi, a refusé mardi de donner des détails sur l’enquête. « Nous avons certaines procédures, certains arrangements (avec l’AIEA) qui sont confidentiels. Je ne peux pas les dévoiler », a-t-il dit aux journalistes. « Je ne suis pas responsable de ce qui se passe à Washington ».

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