Le Nigeria dit avoir arrêté un des principaux commandants de Boko Haram lié à des attentats-suicides

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Nigeria: au moins 13 morts dans des attentats-suicide de mineures kamikazes. (Compte Twitter/‏@MarcoSilber)
Le groupe Boko Haram, qui a fait allégeance au groupe État islamique, recourt de plus en plus aux attentats suicides dans sa lutte au Nigéria. (Archives/Compte Twitter/‏@MarcoSilber)

L’agence nigériane de renseignement a annoncé dimanche l’arrestation d’hommes soupçonnés d’être de hauts responsables de Boko Haram, dont un des principaux commandants du groupe islamiste, qui seraient liés à plusieurs attentats-suicides à travers le pays.

Le Département de la sécurité d’État (DSS) a indiqué dans un communiqué avoir arrêté, entre juillet et août, Usman Shuiabu, alias Money, et d’autres membres de premier plan du groupe islamiste, dans les États de Lagos, Kano, Plateau, Enugu et Gombe.

« Il convient de noter tout particulièrement l’arrestation le 8 juillet 2015, dans l’État de Gombe (nord-est), des responsables de la coordination et de l’exécution des attentats-suicides de Potiskum, Kano, Zaria et Jos », a précisé le DSS.

« Shuaibu a avoué être le chef de file d’une équipe de neuf membres de la secte, envoyés à partir de la forêt de Sambisa pour perpétrer des attaques. Il a révélé que quatre des neuf ont été utilisés comme kamikazes pour commettre des attentats-suicides », selon le communiqué.

Le DSS affirme que l’arrestation de Shuaibu et des autres membres-clés de cette cellule ont mis un frein à la recrudescence d’attentats du groupe islamiste nigérian.

Il ajoute que des projets d’attaques des insurgés sur Lagos, la capitale économique, ont également été contrecarrés par ses agents.

« L’afflux soudain de membres de Boko Haram dans l’État de Lagos souligne la détermination du groupe à étendre ses abominables activités terroristes au sein même de l’État et, en réalité, dans d’autres régions du pays », a-t-il précisé.

« L’arrestation de ces éléments terroristes déclarés a toutefois aidé, dans une large mesure, à éviter des attaques dévastatrices dans cette zone », a-t-il ajouté.

Vendredi, le DSS avait annoncé avoir arrêté un adolescent de 14 ans, soupçonné d’avoir voulu livrer à Boko Haram des informations sur les règles de sécurité de l’aéroport d’Abuja.

Ces dernières semaines, les islamistes ont mené des attaques meurtrières le long des frontières du Nigeria, au Cameroun et au Tchad, dont des attentats-suicides, certains commis par des femmes.

Les violences de Boko Haram et la répression par l’État nigérian ont fait plus de 15.000 morts et 1,5 millions de déplacés en six ans d’une campagne violente.

Dans un communiqué diffusé dimanche, le chef de l’Agence Nationale d’Urgence, gérée par l’État, Muhammad Sani Sidi, déclare que 57.743 Nigérians déplacés en raison de l’insurrection sont réfugiés dans des camps au Cameroun, au Tchad et au Niger.

Une Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) de 8.700 hommes regroupant Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun et Bénin, doit être déployée dans le nord-est du Nigeria et aux confins des frontières du Cameroun et du Tchad pour combattre le groupe islamiste.

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