Les loyalistes à l’assaut d’une base clé au Yémen

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Des combattants loyaux au président en exil, Abedrabbo Mansour Hadi, attendent sur le tarmac de l'aéroport international d'Aden au Yémen, le 1er août 2015. (AFP/Archives / Saleh al-Obeidi)
Des combattants loyaux au président en exil, Abedrabbo Mansour Hadi, attendent sur le tarmac de l’aéroport international d’Aden au Yémen, le 1er août 2015. (AFP/Archives / Saleh al-Obeidi)

Les forces progouvernementales, appuyées par l’aviation de la coalition arabe, ont lancé lundi une vaste offensive pour reprendre aux rebelles la plus grande base aérienne du Yémen après avoir conquis Aden, la grande ville du sud où des centaines de soldats de pays du Golfe ont été déployés.
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Mise à jour au 04/08/2015 à 2h26

Les forces pro-Hadi annoncent la prise de la base d’Al Anad. les forces loyalistes ont repris la base après de violents combats qui ont fait plusieurs dizaines de morts ou prisonniers parmi leurs adversaires Houthis, annonce le commandant de l’opération, le général Fadel Hassan.

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Cette vaste base située à 60 km au nord d’Aden revêt une importance toute stratégique. Si elle est prise aux rebelles chiites Houthis, elle permettrait à la fois de sécuriser Aden et d’élargir le territoire « libéré » du pays en guerre depuis plus de quatre mois.

La base Al-Anad est tombée en mars aux mains des rebelles qui ont conquis de vastes territoires du Yémen, dont la capitale Sanaa, depuis leur offensive d’envergure lancée en juillet 2014 à partir de leur fief de Saada dans le nord. Des militaires américains qui y étaient stationnés dans le cadre de la lutte antiterroriste avaient alors dû l’évacuer.

« La bataille a commencé pour la reprise de la base d’Al-Anad », dans la province de Lahj (sud), a déclaré à l’AFP une source militaire.

L’offensive a été précédée par l’envoi d’importants renforts, et des avions de combat de la coalition arabe anti-rebelles menée par Ryad assuraient une couverture aérienne aux forces loyalistes sur environ 15 km2, selon des sources militaires.

En milieu d’après-midi, les forces loyalistes « ont atteint l’entrée ouest de la base et ensuite la piste », a déclaré l’un de leurs officiers, qui a requis l’anonymat, en faisant état de violents combats.

‘Sécuriser’ Aden

Parallèlement à l’attaque contre la base d’Al-Anad, les forces loyalistes ont réussi à reconquérir Houta, le chef-lieu de la province de Lahj, et l’axe routier Al-Ribat, au nord d’Aden, après en avoir chassé les rebelles, ont affirmé les sources militaires.

Au même moment, autour d’Aden, « des centaines de soldats arabes du Golfe », débarqués dimanche avec « des dizaines de chars et de blindés » ont été déployés pour « sécuriser » la ville, a déclaré une source militaire.

Il s’agit selon elle du « plus grand contingent de la coalition à se déployer sur le sol yéménite » depuis le début de la guerre, sans plus de précisions.

Le quotidien à capitaux saoudiens Al-Hayat a rapporté lundi qu’au total 1.500 soldats avaient débarqué à Aden « pour la plupart des Emirats arabes unis », l’un des principaux membres de la coalition commandée par l’Arabie saoudite.

La présence de militaires de la coalition avait été signalée à plusieurs reprises à Aden depuis sa reconquête à la mi-juillet par les forces fidèles au président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite.

Après le revers subi par les rebelles à Aden, leur chef, Abdelmalek al-Houthi, s’est dit de nouveau prêt lundi à un règlement politique du conflit.

« Un règlement politique est toujours possible », a déclaré le chef d’Ansaruallah, l’émanation politique des rebelles, dans un discours diffusé dans la nuit.

Pour y parvenir, « nous accueillons tout effort d’une quelconque partie neutre arabe ou internationale », a ajouté M. Houthi

« La percée réalisée par l’ennemi à Aden va échouer », a-t-il affirmé, ajoutant que la reconquête par les forces loyalistes de cette ville « est une situation conjoncturelle qui sera surmontée malgré l’argent de l’Arabie saoudite ».

Le chef rebelle s’exprimait à la veille d’une réunion lundi à Doha entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et ses homologues des monarchies du Golfe lors de laquelle ils devaient évoquer l’accord sur le nucléaire iranien et la conjoncture régionale dont la crise yéménite.

La guerre au Yémen a fait près de 4.000 morts en quatre mois, dont la moitié sont des civils selon l’ONU.

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