L’exercice géant TRIDENT JUNCTURE 2015 n’est pas en lien avec la menace russe, affirme l’OTAN

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TRIDENT JUNCTURE 2015, le plus grand exercice militaire de l'OTAN depuis 2002 avec la participation d'environ 36.000 soldats de 27 nations, se déroulera à l'automne 2015. (Allied Forces Command/OTAN)
TRIDENT JUNCTURE 2015, le plus grand exercice militaire de l’OTAN depuis 2002 avec la participation d’environ 36.000 soldats de 27 nations, se déroulera à l’automne 2015. (Allied Forces Command/OTAN)

L’exercice TRIDENT JUNCTURE 2015 cet automne, le plus grand exercice militaire de l’Otan depuis 2002 avec la participation d’environ 36.000 soldats, dont 1.650 canadiens, pour qui ce sera le plus grand déploiement depuis le Kosovo en 1999, est « sans lien spécifique avec la tension actuelle avec la Russie », a déclaré jeudi le général français Paloméros, l’un des chefs militaires de l’Otan.

L’Espagne se prépare déjà à TRIDENT JUNCTURE 2015. Ici, à la base aérienne de Saragosse, dans le nord-est de l’Espagne. (Allied Forces Command/OTAN)
L’exercice aura lieu du 3 octobre au 6 novembre, principalement en Italie, Espagne et Portugal, a indiqué à Washington le général Jean-Paul Paloméros, commandant suprême allié pour la transformation de l’Otan, lors d’une conférence de presse.

L’exercice de grande envergure et de « haute intensité » impliquera 27 des 28 nations de l’Otan et sept pays partenaires de l’Otan, selon la même source.

Selon le général Paloméros, il n’a pas de rapport spécifique avec la crise en Ukraine et la montée de la tension avec la Russie.

« Il a été décidé au sommet (de l’Otan) en 2012 à Chicago. À ce moment-là, nous avions toujours un bon partenariat avec la Russie », a-t-il déclaré, en s’exprimant en anglais.

« Il n’y a pas de posture agressive, l’Otan accomplit son rôle en matière de défense collective et de gestion de crise », a-t-il ajouté.

Les scénarios intégreront toutes les composantes de la guerre moderne, comme la défense antimissiles, les attaques informatiques, et la « guerre hybride », avec ses opérations de propagande.

Les réseaux sociaux feront partie de l’exercice, avec des opposants fictifs, mais aussi probablement réels, a expliqué le général. « Je ne peux pas m’imaginer que nous n’aurons pas un peu de visite sur nos sites » internet, a-t-il indiqué.


(Road to TRJE15/NATO JFC Brunssum)

1.650 militaires canadiens seront de la partie

Tel qu’annoncé sur 45eNord.ca en juin dernier, bien avant le déclenchement des élections législatives fédérales canadiennes, Ottawa enverra pour pour sa part environ 1.650 militaires, dont 650 de l’Armée, une composante des forces d’opérations spéciales ainsi que deux aéronefs C-130J Hercules, avec la possibilité de fournir un aéronef de ravitaillement.

Parallèlement, le commandement d’une brigade multinationale sera assumé par le Quartier général du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, qui s’est entraîné à plusieurs reprises au cours de l’année passée pour être prêt (ex. LARGE SCALE, ex. UNIFIED RESOLVE).

Du côté de la Marine royale canadienne, jusqu’à cinq navires de guerre dont un sous-marin prendront également part à l’exercice.

Il s’agira du plus vaste déploiement canadien depuis les années 2000 et les 3.300 membres des FAC qui avaient intégré les missions de maintien de la paix de l’OTAN au Kosovo, Macédoine et Bosnie.

La participation importante à l’exercice TRIDENT JUNCTURE de l’OTAN et notre intention de fournir notre aide à la Force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation aideront à assurer que le Canada et l’Alliance sont bien placés pour réagir à toute crise observée dans un environnement relatif à la sécurité changeant., avait déclaré en juin Jason Kenney, ministre de la Défense nationale canadienne.

Dans le cadre du plan de réactivité formulé par les ministres de la défense de l’OTAN, tel que souligné sur 45eNord.ca il y a quelques mois, le Canada a offert son soutien à la Force opérationnelle interarmées (FOI) à très niveau de préparation (VJTF) de l’OTAN, qui a été mise en place afin de réagir rapidement à un éventail de défis en matière de sécurité, allant de la gestion de crises à la défense collective.

Moscou irrité

Le général Paloméros a pris soin de préciser que TRIDENT JUNCTURE était sans lien spécifique avec la tension actuelle avec la Russie au moment où Moscou se montre de plus en plus irrité.

Jeudi, l’Otan a ouvert un centre d’entraînement en Géorgie, ex-république soviétique du Caucase qui aspire depuis des années à une adhésion à l’Alliance atlantique, au grand dam de Moscou qui a aussitôt dénoncé une «provocation».

Ce centre, inauguré en grande pompe à Krtsanissi, près de Tbilissi, «aidera la Géorgie à poursuivre ses efforts en vue de rendre ses forces armées plus modernes et plus fortes face aux défis du XXIe siècle», a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, à la cérémonie d’ouverture.

«Il sera aussi important pour l’entraînement des troupes des alliés et des partenaires» de l’Alliance, a-t-il précisé.

Et le même jour, comme pour irriter encore davantage Moscou, le ministre polonais de la Défense, Tomasz Siemoniak, a indiqué que le premier déploiement d’armes lourdes américaines dans deux bases en Pologne devrait avoir lieu à la mi-2016.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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