Libye: le gouvernement appelle les Arabes à l’aide contre l’EI qui a décapité 12 personnes à Syrte

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De la fumée s'échappe des bâtiments à Benghazi après des combats entre les forces gouvernementales et des islamistes, en Libye le 14 février 2015 (Abdoullah Doma/AFP)
De la fumée s’échappe des bâtiments à Benghazi après des combats entre les forces gouvernementales et des islamistes, en Libye le 14 février 2015 (Abdoullah Doma/AFP)

Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale a réclamé samedi des frappes aériennes de pays arabes contre les djihadistes de l’État islamique (EI) dans la ville de Syrte, sur la côte. L’EI a profité du chaos ambiant pour s’implanter dans la cité.

Ces derniers jours, les combattants de l’EI ont écrasé le soulèvement d’un groupe salafiste et d’habitants armés qui tentaient de briser leur emprise sur la ville. Des dizaines de personnes ont été tuées, selon des habitants.

« Le gouvernement temporaire de Libye exhorte les États frères arabes à mener des frappes aériennes contre les positions du groupe terroriste Daech à Syrte », peut-on lire dans un communiqué diffusé par le gouvernement.

Les combats dans Syrte sont un symbole du chaos qui règne en Libye où deux gouvernements, l’un reconnu par la communauté internationale mais exilé dans l’est du pays, l’autre tenant la capitale, Tripoli, se disputent le pouvoir. Ni l’un ni l’autre ne contrôlent la situation à Syrte.

Les deux gouvernements rivaux ont mené chacun des frappes aériennes ces derniers jours sur Syrte, mais leurs moyens sont très limités.

L’EI a « décapité » 12 personnes à Syrte

Les djihadistes du groupe État islamique (EI) en Libye ont « décapité » et accroché à des croix douze combattants engagés contre eux dans la bataille pour le contrôle de Syrte (nord), a rapporté samedi l’agence de presse des autorités reconnues par la communauté internationale.

L’agence LANA a ajouté que le groupe extrémiste avait également « exécuté » 22 autres combattants de Syrte qui étaient à l’hôpital pour soigner leurs blessures. Selon LANA, les djihadistes ont incendié l’hôpital.

De violents affrontements opposent depuis mardi les djihadistes de l’EI et des combattants locaux pour le contrôle de Syrte, la ville natale du défunt dictateur libyen Mouammar Khadafi.

Une source locale a parlé de « véritable guerre » tandis que l’ambassadeur de Libye en France décrivait un « massacre ».

Samedi, un responsable municipal a confirmé à l’AFP que la bataille continuait de faire rage.

« Les combats sont incessants, notamment dans le quartier Trois (dans l’est de la ville), et le bilan des victimes s’alourdit », a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Vendredi, un responsable local avait indiqué à l’AFP que les combats entre des habitants armés et des djihadistes de l’EI avaient fait des dizaines de morts et de blessés à Syrte depuis quatre jours, sans pouvoir donner de bilan exact.

L’ambassadeur de Libye à Paris, Chibani Abouhamoud, avait lui évoqué vendredi un bilan de 150 à 200 morts.

Il avait affirmé que les combats avaient éclaté après l’assassinat, en début de semaine, par l’EI d’un imam, dignitaire de l’influente tribu des Al-Farjane, cheikh Khaled Al-Farjane.

L’ambassadeur dépend du gouvernement exilé dans l’est du pays reconnu par la communauté internationale et qui est en lutte avec le gouvernement rival basé à Tripoli, contrôlé par une coalition de milices armées dont certaines islamistes.

Mardi, les autorités de Tripoli avaient annoncé le lancement d’une « opération pour libérer Syrte ». Leur ministère de la Défense avait précisé que « les jeunes et les habitants de Syrte » participaient à cette offensive, soutenus par des raids de l’aviation.

Selon des médias proches du gouvernement de Tripoli, l’aviation a bombardé plusieurs cibles de groupes armés liés à l’EI.

Vendredi soir, l’organisation musulmane Dar al-Iftaa, qui émet des décrets religieux, a appelé tous les Libyens à se mobiliser contre l’EI. « Tous les Libyens capables de porter des armes doivent se mobiliser pour confronter ce cancer qui tente de détruire notre nation musulmane », a-t-elle dit dans un communiqué.

Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à des combats sanglants entre groupes armés rivaux.

Elle compte deux gouvernements et deux Parlements concurrents.

Le pays doit en outre faire face à la montée en puissance de l’EI, qui s’est emparé de Syrte en juin.

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