L’Otan ne cherche pas la guerre en Europe, mais défend ses exercices face à «l’agression» russe

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150628-op-reassurance-forces-canadiennes Des soldats canadiens de l’opération REASSURANCE, la contribution canadienne au aux mesures de l’OTAN visant à rassurer les alliés dans la zone d’opérations de l’Est de l’Europe. (Archives/MDN)

L’Otan a défendu mercredi les nombreux exercices qu’elle mène en Europe, contestant l’analyse selon laquelle ceux-ci « rendent la guerre plus probable » et rappelant qu’il s’agit d’une « réponse à l’agression croissante de la Russie » après l’annexion de la Crimée.

« Les exercices militaires de l’Otan n’augmentent pas la probabilité d’une guerre en Europe », a indiqué une porte-parole, Carmen Romero, en réaction à une publication s’inquiétant de la « dynamique dangereuse » à l’oeuvre sur le flanc est de l’Alliance de l’Atlantique nord.

« La Russie se prépare à un conflit avec l’Otan, et l’Otan se prépare à une possible confrontation avec la Russie », écrit le think thank European Leadership Network, basé à Londres, mercredi dans cette étude.

Il prend l’exemple de deux exercices d’ampleur menés d’une part en Russie, mobilisant 80.000 hommes en quelques jours dans le grand Nord en mars 2015 et « ne pouvant simuler qu’une guerre avec l’Otan », selon ses auteurs, et d’autre part un exercice de l’Otan en juin avec 15.000 hommes dans les pays baltes, en Pologne et Suède.

« Chaque partie s’entraîne au vu des capacités de l’autre partie et en ayant très probablement des projets de guerre en tête », affirment-ils. « Nous ne suggérons pas que les dirigeants de chaque côté ont décidé de partir en guerre ou qu’un conflit militaire entre les deux parties est inévitable, mais c’est un fait que le profil de ces exercices a changé et cela joue un rôle dans le maintien du climat actuel de tensions en Europe ».

L’Otan a multiplié les exercices dans les pays de l’Est aujourd’hui membres de l’Alliance pour les rassurer, afin « d’augmenter la sécurité et la stabilité en Europe en réponse à l’agression croissante de la Russie », a reconnu Mme Romero. Mais ces activités sont « proportionnées, défensives ».

« L’Otan ne cherche pas la confrontation avec la Russie (…) mais la Russie a changé des frontières par la force (en Crimée en février 2014, ndlr), soutient des séparatistes en Ukraine et menace de baser des missiles nucléaires près des frontières de l’Alliance », a-t-elle souligné, en référence au projet de Moscou de déployer des missiles nucléaires à Kaliningrad, près de la frontière polonaise, et sa menace de stationner des bombardiers nucléaires en Crimée.

Avec plus de 4.000 manoeuvres annoncées en 2015, « l’échelle et l’étendue des exercices de la Russie vont bien au-delà tout ce que fait l’Alliance et ils augmentent les tensions dans toute la région », a-t-elle continué, regrettant notamment les nombreux exercices éclair décidés par Moscou. Elle a fait valoir que l’Otan annonce ses exercices plusieurs mois à l’avance et invite systématiquement des observateurs, notamment russes.

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