Nord du Mali: la rébellion demande à l’ONU de lever «toutes les zones de sécurité»

0
Touaregs et islamistes au Mali (Photo: Lareleve.ma)
Touaregs et islamistes au Mali (Archives/Lareleve.ma)

La rébellion à dominante touareg du nord du Mali a appelé mercredi dans un communiqué l’ONU à lever « toutes les zones de sécurité » dans la région, instituées pour prévenir des violences, après des combats meurtriers entre ses hommes et ceux d’un groupe armé progouvernemental.

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a annoncé mardi l’établissement d’une « zone de sécurité » autour de la ville de Kidal, fief des rebelles touareg, à plus de 1.500 km au nord de Bamako, après trois jours de combats, les 15 et 16 août et lundi.

Ces combats, dont ceux de lundi qui ont fait plusieurs morts, ont opposé la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) et le Groupe d’auto-défense touareg Imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako). Le Gatia a parlé de 15 morts dans les rangs de la CMA et annoncé avoir pris le contrôle de la ville d’Anéfis, à environ 120 km au sud de Kidal, à l’issue des affrontements.

Dans son communiqué, la CMA, qui n’a fourni aucun bilan, « demande à la Minusma de lever expressément et dans les meilleurs délais toutes les zones de sécurité établies » dans le nord du pays.

Selon elle, des « zones de sécurité » sont installées dans les localités de « Tabankort, Anéfis, Ménaka, Goundam, Ber, Tombouctou, Gao, Kidal » et demande « de laisser le soin à toutes les parties de régler leurs différends », sans donner plus de détails.

À l’exception de celle de Kidal, l’institution de « zones de sécurité » dans ces différentes localités n’avait pas fait l’objet de communication. Aucune précision n’avait pu être obtenue lundi soir d’autres sources.

La rébellion accuse par ailleurs les groupes progouvermentaux d' »user des moyens et de la logistique de l’Etat (malien pour) reconquérir des nouvelles positions », après l’accord de paix au Mali.

La CMA et le Gatia font partie des signataires de ce document conclu à Alger, signé le 15 mai par le gouvernement malien et ses alliés, puis le 20 juin par la rébellion.

Mardi, le Gatia avait dénoncé la zone de sécurité de l’ONU autour de Kidal.

Le gouvernement malien avait semblé regretter la mesure, sans la condamner ouvertement. Il avait invité la Minusma « à rester dans son rôle de protection des populations, et de toutes les populations, dans toutes les zones exposées, à l’instar de Kidal, aux mêmes risques d’insécurité ».

« En la matière, tout traitement inéquitable produira des effets pervers nuisibles à la recherche de la paix et de la concorde », avait-il averti, sans plus de détails.

Les commentaires sont fermés.