Pakistan: un ministre provincial parmi les morts d’un attentat suicide

0
Des secouristes pakistanais sont sur les lieux d'un attentat suicide dans le village de Shadi Khan (nord-ouest), le 16 août 2015. (Farooq Naeem/AFP)
Des secouristes pakistanais sont sur les lieux d’un attentat suicide dans le village de Shadi Khan (nord-ouest), le 16 août 2015. (Farooq Naeem/AFP)

Le ministre de l’Intérieur de la province pakistanaise du Pendjab, la plus peuplée du pays, a été tué dimanche dans un attentat-suicide contre un rassemblement politique qui a fait au moins une dizaine de morts dans le nord-ouest du pays, ont annoncé les autorités.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière perpétrée au Pakistan depuis le double attentat-suicide contre une église de Lahore (est), la capitale du Pendjab, ayant fait 17 morts en mars dernier.

Dimanche, une quarantaine de personnes assistaient à un meeting politique du ministre Shuja Khanzada à Shadi Khan, un village situé à environ 70 kilomètres au nord-ouest de la capitale nationale Islamabad, lorsque le toit de l’édifice où elles se réunissaient s’est effondré sous le souffle de la déflagration.

« Le ministre de l’Intérieur du Pendjab Shuja Khanzada a péri » sous les décombres, a déclaré à l’AFP le chef des opérations de secours, Mohammad Ashfaq. Un autre haut responsable gouvernemental, Saeed Illahi, conseiller du ministre en chef de cette province de plus de 80 millions d’habitants, a confirmé ce décès.

Les secouristes tentaient de retrouver des survivants prisonniers des gravats et de l’énorme dalle de béton qui s’est affaissée comme un soufflé, selon un photographe de l’AFP sur place.

« Une équipe de militaires, dotés d’équipements modernes et entraînés spécialement pour ce type de situation doit arriver rapidement sur place » pour appuyer les secouristes déjà présents, a déclaré Zahid Saeed, haut responsable du district local craignant que le bilan de dix morts s’alourdisse au fur et à mesure que les recherches progressent.

Revendication?

Cet attentat-suicide, selon les autorités, n’avait pas été revendiqué en milieu d’après-midi dimanche, mais il pourrait porter la marque d’un des nombreux groupes djihadistes actifs dans le pays.

Les forces pakistanaises avaient lancé en juin 2014 une offensive dans le nord-ouest du pays contre es talibans du TTP, en lutte contre le gouvernement d’Islamabad et les symboles du pouvoir, et leurs alliés d’Al-Qaïda.

Cette opération s’est intensifiée après le massacre taliban contre une école militaire de Peshawar (nord-ouest) qui avait fait plus de 150 morts, dont une majorité d’écoliers, en décembre dernier.

Fin juillet, la police pakistanaise avait aussi abattu Malik Ishaq, l’influent leader du Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), faction sunnite extrémiste proche d’Al-Qaïda et accusée d’innombrables attaques, dans une volonté des autorités de neutraliser les groupes djihadistes perpétrant des attentats sur son sol.

Selon les autorités, Malik Ishaq avait été tué avec 13 autres cadres du LeJ, dont deux de ses fils et son adjoint Ghulam Rasool Shah, lors d’une fusillade avec la police dans les faubourgs de Muzaffargarh, dans la province du Pendjab (est), le berceau du LeJ.

Un ancien attaché militaire

Ex-colonel âgé de 71 ans, le ministre Shuja Khanzada avait participé à la guerre de 1971 entre l’Inde et le Pakistan, puis promu attaché militaire à l’ambassade pakistanaise de Washington dans les années 90, avant de se lancer en politique à la retraite.

Membre de la Ligue Musulmane du Premier ministre Nawaz Sharif (PML-N), parti à la tête du gouvernement fédéral et de la province du Pendjab, il était député de la circonscription d’Attock et était né dans le village local de Shadi Khan, où a eu lieu l’attaque de dimanche.

Ce secteur du Pendjab, région du pays la moins affligée par les attentats islamistes, est situé à la lisière du Khyber Pakhtunkhwa, province endeuillée régulièrement par les attentats talibans.

Les commentaires sont fermés.