Passe d’armes sur l’Irak entre Jeb Bush et Hillary Clinton

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Hillary Clinton met en garde Iran et Russie de leur soutien à Bachar al-Assad (Photo: U.S. Department of State)
Hillary Clinton en 2013, alors qu’elle était Secrétaire d’État. (U.S. Department of State)

Les candidats à l’élection présidentielle 2016 Jeb Bush et Hillary Clinton ont croisé le fer sur l’Irak mardi, faisant porter à l’autre la responsabilité de l’instabilité persistante du pays, et de l’émergence de l’organisation djihadiste État islamique.

Douze ans après que le président George W. Bush eut mené les États-Unis dans un conflit contesté, son frère, l’un des candidats du camp républicain, a accusé les démocrates d’avoir abandonné l’Irak avant d’avoir terminé le travail de reconstruction du pays.

Selon Jeb Bush, l’administration Obama, dont sa rivale démocrate est l’ex-secrétaire d’État, a permis l’émergence du groupe État islamique en retirant trop tôt les troupes américaines d’Irak.

«C’était une erreur fatale», a-t-il martelé lors d’un discours en Californie à la Reagan Library, dénonçant «une précipitation aveugle».

«Fuir le danger peut parfois être aussi peu avisé que de s’y précipiter», a-t-il encore assuré.

«Où était Madame Clinton pendant tout ce temps?», a-t-il interrogé, faisant remarquer qu’elle ne s’était rendue qu’une fois en Irak lorsqu’elle était à la tête de la diplomatie américaine.

En plus d’être un point de confrontation entre républicains et démocrates, la guerre a également contribué à coûter à Hillary Clinton la victoire aux primaires démocrates en 2008 face à Barack Obama, qui s’était opposé à la guerre en Irak.

En 2002, Clinton, alors sénatrice de l’État de New York, avait voté en faveur de l’invasion, estimant par la suite que cela avait été une erreur.

Mardi, son équipe de campagne est montée au front pour défendre son bilan.

Son conseiller en politique étrangère Jake Sullivan — qui pourrait devenir son conseiller à la sécurité nationale si elle était élue — a accusé Jeb Bush de s’essayer à «une tentative audacieuse de réécrire l’histoire et de réattribuer les responsabilités».

«(Les républicains) ne peuvent échapper à leur responsabilité» en la matière, a-t-il affirmé, ajoutant que l’EI était issu d’Al-Qaïda en Irak, qui a pris de l’ampleur pendant l’occupation américaine.

Le groupe terroriste s’est développé dans le pays «en grande partie en conséquence de l’échec de la stratégie du président Bush. Il s’est renforcé en enrôlant des anciens officiers militaires sunnites – des officiers de l’armée (de Saddam Hussein) que le gouvernement de George W. Bush a dissoute», a estimé Jake Sullivan.

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