Syrie: Al-Qaïda annonce son retrait de secteurs contigus à l’EI

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Des membres du groupe djihadiste al-Nosra près d'Alep, le 25 octobre 2013 (Karam al-Masri/AFP)
Des membres du groupe djihadiste al-Nosra près d’Alep, le 25 octobre 2013 (Karam al-Masri/AFP)

La branche syrienne d’al-Qaïda a annoncé son retrait de certains secteurs où elle se trouve en confrontation avec son rival jihadiste du groupe État islamique (EI) dans le nord de la Syrie, à la lisière de la Turquie.

Le Front al-Nosra a justifié cette décision par son désir d’éviter toute coopération avec le plan américano-turc visant à créer une zone débarrassée de l’EI dans la province septentrionale d’Alep, le long de la frontière avec la Turquie.

La pièce maîtresse de ce nouvel accord entre Ankara et Washington consiste en effet à créer une zone sans djihadistes, assez sécurisée pour permettre aux quelque 1,8 million de Syriens réfugiés en Turquie de rentrer chez eux.

« Nous annonçons notre retrait de nos lignes de front avec (l’EI) dans la partie nord de la province d’Alep », a indiqué le groupe dans un communiqué posté dimanche sur internet, sans préciser les secteurs exacts concernés.

« Al-Nosra ne se voit pas entrer dans cette alliance (américano-turque), l’aider ou coordonner avec elle en la considérant comme légitime », poursuit le groupe, estimant que le but premier de cette alliance est « lié à la sécurité nationale de la Turquie ».

Depuis fin juillet, la coalition internationale anti-EI menée par les États-Unis a accès pour la première fois à une base turque pour frapper l’EI en Syrie.

Al-Nosra s’est totalement retiré des villages de Dahla et Harjalé, sur la frontière turque, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Le groupe djihadiste s’est officiellement retiré d’autres villages, « mais en réalité ils sont restés dans les mains des alliés » du Front al-Nosra, a affirmé le directeur l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Issu comme l’EI de la branche irakienne d’al-Qaïda, la Front al-Nosra est devenu dans le nord de la Syrie son farouche opposant, et s’est allié avec le puissant mouvement rebelle islamiste Ahrar al-Sham.

Mais selon Aaron Stein, analyste associé de l’Institut de recherche du Conseil Atlantique, le retrait d’al-Nosra va rendre plus aisé pour Washington de travailler avec des forces sur le terrain.

D’après lui, « la Turquie a influencé Ahrar al-Cham qui lui-même a fait pression sur le Front al-Nosra pour se retirer des zones qui doivent faire partie de la zone tampon ».

Cela rend aussi « plus acceptable pour les États-Unis une aide plus importante aux groupes rebelles qui s’y trouvent », a-t-il ajouté à l’AFP.

Si les forces sur le terrain ne vont pas recevoir de soutien militaire direct des États-Unis, ils peuvent en revanche bénéficier d’un couverture aérienne sur la zone frontalière, a expliqué Aaron Stein.

Mais de toute façon, assure-t-il, al-Nosra continuera à avoir « une influence » dans la zone en question.

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