«Tonnerre sans éclair»: le F-35 ne serait même pas aussi performant que nos vieux CF-18

Un F-35 dans la chaîne d'assemblage final de l'usine de production de Fort Worth, Texas (Photo: Lockheed Martin)
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Un F-35 dans la chaîne d'assemblage final de l'usine de production de Fort Worth, Texas (Photo: Lockheed Martin)
Un F-35 dans la chaîne d’assemblage final de l’usine de production de Fort Worth, Texas (Archives/Lockheed Martin)

Selon un rapport vitriolique du National Security Network intitulé « Thunder without lightning » (Tonnerre sans éclair) les F-35 américains pourraient bien ne même pas pas s’avérer aussi performants que les avions chasseurs en usage actuellement, dont les CF-18 canadiens, qu’ils sont destinés à remplacer.

Le groupe de réflexion américain n’est pas la première organisation à soulever des doutes sur le programme d’avions chasseurs américains, qui a accusé de nombreux retards, en plus de dépasser le budget alloué, mais c’est la première fois que des mots aussi forts sont employés.

Le rapport compare les capacités opérationnelles des F-35 à celles des modèles qu’ils sont censés remplacer, en l’occurrence les F-16, les F-18 et les A-10. Dans tous les cas, selon le rapport, le nouveau modèle est à la traîne par rapport aux autres.

«Pour ‘performer’ contre des adversaires qui seront ses égaux, ou presque, le F-35 devra être capable d’exécuter toute une gamme de missions, allant de vaincre les avions ennemis jusqu’à à pénétrer les défenses aériennes de l’ennemi pour frapper des cibles au sol. Mais le F-35 aura du mal à remplir efficacement ces missions en raison de lacunes dans sa conception et son développement, malgré son coût de trois à neuf fois plus élevé que les avions de 4ème génération qu’il est destiné à remplacer », dit le rapport.

« Le F-35 va se retrouver déjoué, dépassé en puissance de feu, en rayon d’action, et visible à des capteurs ennemis », poursuit le rapport, le plus critique, jusqu’ici, sur le F-35.

Les mots qu’emploient l’organisation pour convaincre l’administration américaine de réévaluer «sérieusement» le programme et de vérifier si d’autres options pourraient être envisagées sont crus et sans équivoque.

« Aller de l’avant en investissant dans le F-35 équivaudrait à parier des milliards de dollars de dollars et l’avenir de la force aérienne sur la base d’hypothèses erronées et sur un aéronef sous-performant », ajoute le rapport qui recommande « Pour éviter une telle issue catastrophique », que le Congrès et le Département de la Défense « commencent le processus d’examen des alternatives à un engagement à grande échelle avec le F-35 ».

« Maintenir le cap actuel revient à parier inutilement une marge importante de la puissance aérienne américaine à grands frais et à risquer des vies américaines », soutient le rapport.

Pour ces experts, moderniser l’ancien modèle F-16, qui n’aurait nécessité que de minimes changements dans la conception, eut été une bien meilleure option. Les avions plus anciens pouvaient se déplacer plus rapidement et ils sont dotés d’une meilleure charge alaire – un élément important pour acquérir de la vitesse, notent les experts, qui font aussi observer que le F-16 était plus facile à manoeuvrer que les F-18.

Du côté canadien, le gouvernement Harper avait mis sur la glace l’achat de 65 avions F-35 après que le vérificateur général lui eut reproché d’avoir sous-évalué leur coût et d’avoir pris sa décision sans effectuer les recherches suffisantes. Les conservateurs prévoient pour l’instant prolonger la durée de vie des CF-18 jusqu’à 2025.

150811 National Security Network Report F 35 FINAL