Très mécontent des frappes turques contre les Kurdes, Berlin veut retirer ses missiles Patriot de la frontière

0
Système de Défense antimissile Patriot de l'armée Allemande (Photo: Bundeswehr)
Système de Défense antimissile Patriot de l’armée Allemande (Photo: Bundeswehr)

On ne peut pas tout avoir: très mécontents des frappes turques contre les Kurdes, les meilleurs alliés de l’Occident dans sa lutte aux djihadistes du groupe État islamique, les Allemands envisagent maintenant de retirer dès la fin de leur mission leurs 260 soldats et missiles Patriot déployés en Turquie depuis janvier 2013.

L’Allemagne devrait donc mettre fin en 2015 à sa participation à la mission Active Fence de l’Otan destinée à protéger les Turcs contre les éventuelles attaques aux lance-roquettes en provenance de Syrie, a annoncé samedi le ministère allemand de la Défense, rapporte l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Selon le Spiegel, le gouvernement veut rappeler les missiles sol-air Patriot PAC-3 et les 260 soldats allemands chargés de protéger la ville turque de Kahramanmaras, à 160 km de la frontière syrienne.

Le gouvernement proposera donc dès aujourd’hui au parlement de ne pas prolonger le mandat du contingent allemand en Turquie qui expire le 31 janvier 2016.

Ces dernières semaines, la participation de Berlin à l’opération Active Fence avait suscité de vives critiques en Allemagne même après la multiplication des frappes turques contre les Kurdes dans le nord de la Syrie et en Irak.

L’ancien dirigeant du groupe parlementaire du parti de gauche Die Linke, Dietmar Bartsch, entre autres, avait dénoncé début août les attaques turques contre les Kurdes, la seule force capable, selon lui, de défaire les combattants djihadistes du groupe armé État islamique (EI).

Le dirigeant de gauche avait ainsi exhorté le gouvernement à retirer les missiles Patriot de Turquie.

En décembre 2012, la Turquie avait obtenu de l’OTAN le déploiement de systèmes de missiles Patriot le long de sa frontière avec la Syrie après avoir garanti à ses partenaires de l’Alliance atlantique que le déploiement ne serait que défensif et qu’il ne servirait pas «soutenir une zone d’exclusion aérienne ou toute opération offensive.»

«La position de l’OTAN est claire. Tout déploiement aura pour but de protéger la Turquie. Il sera purement défensif dans sa nature. Il ne servira en aucune façon à soutenir une zone d’exclusion aérienne ou toute opération offensive», avait déclaré le secrétaire générale de l’époque, Anders Fogh Rasmussen.

Le déploiement des missiles par les pays de l’OTAN possédant ce système, les États-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne, avait commencé peu après, en janvier 2013 avec pour mission de protéger la Turquie contre une éventuelle attaque venant de Syrie.

Alors que les radars de la mission Active Fence n’ont enregistré aucune tentative d’attaque depuis, les Pays-Bas ont rappelé leurs soldats et missiles en janvier 2015 et les États-Unis comptent faire de même en octobre 2015.

Ce sera maintenant au tour de l’Allemagne de tirer sa révérence.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.