Turquie: 390 rebelles kurdes tués en deux semaines de raids

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Des membres du PKK inspectent un cratère causé présumément par un bombardement de l'aviation turque, dans les montagnes irakiennes de Qandil, le 29 juillet. (Safin Hamed/AFP)
Des membres du PKK inspectent un cratère causé présumément par un bombardement de l’aviation turque, dans les montagnes irakiennes de Qandil, le 29 juillet. (Safin Hamed/AFP)

Environ 390 combattants de la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués et 400 autres blessés en deux semaines de raids de l’aviation turque contre des bases rebelles situées dans le nord de l’Irak, a affirmé dimanche l’agence gouvernementale turque Anatolie.

L’agence, dont il n’était pas possible de confirmer les informations, a assuré qu’au moins quatre dirigeants du mouvement ainsi qu’environ 30 rebelles femmes avaient été tués dans les bombardements.

Ankara a lancé le 24 juillet une guerre contre le terrorisme visant simultanément le PKK et les combattants du groupe Etat islamique (EI) en Syrie. Mais les dizaines de raids aériens qui ont suivi se sont concentrés sur la guérilla kurde, seuls trois d’entre eux ayant été jusqu’à présent officiellement signalés contre l’EI.

Jusqu’à maintenant 390 terroristes ont été mis hors d’état de nuire et 400 autres ont été blessés, dont 150 grièvement, a indiqué Anatolie, qui cite généralement des sources de sécurité et de renseignement turques.

L’agence n’a pas fait état dans son bilan des trois raids menés le 24 juillet contre des cibles de l’EI en Syrie.

De son côté, le PKK a continué de mener des attaques contre les forces de l’ordre, dont au moins une vingtaine de membres ont été tués depuis le déclenchement du nouveau cycle de violences, selon des sources officielles turques.

Dans la nuit de samedi à dimanche lors d’une attaque survenue dans la ville de Midyat, dans la province de Mardin, située dans le sud-est turc peuplé majoritairement de Kurdes, et attribuée au PKK, un policier a été tué et un autre blessé, selon l’agence de presse Dogan.

Le chef de file du parti prokurde HDP (Parti démocratique des peuples) a pour sa part lancé un nouvel appel samedi aux rebelles du PKK et au gouvernement turc à mettre fin aux violences actuelles et à engager des négociations.

Le coprésident du HDP, Selahattin Demirtas, s’exprimait au lendemain de la mort de six personnes dans des affrontements entre les forces de sécurité et des combattants dans la ville kurde de Silopi (sud-est).

J’en appelle aujourd’hui aux deux camps, a déclaré M. Demirtas devant la presse, dans la ville de Van (est). Le PKK doit immédiatement retirer son doigt de la gâchette (des armes) et déclarer qu’il respecte le cessez-le-feu engagé avec l’Etat turc il y a près de trois ans mais qui a volé en éclats avec les dernières violences.

Le gouvernement turc, a-t-il poursuivi, doit pour sa part cesser ses opérations de sécurité et se déclarer prêt au dialogue.

Le HDP de Selahattin Demirtas, considéré par certains comme la vitrine politique du PKK, a remporté 13% des voix lors des élections législatives du 7 juin et a accru de manière considérable son influence politique avec 80 députés (sur 550) au Parlement.

L’appel du leader kurde a reçu une réaction positive de la part du Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu. C’est un appel tardif mais approprié a estimé tard samedi M. Davutoglu, insistant sur le fait que le PKK devait quitter la Turquie pour l’arrêt des opérations militaires la visant.

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