Une ex-Première dame sud-coréenne attendue en Corée du Nord

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Lee Hee-ho (centre) en décembre 2011 au village frontalier de Paju dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées en décembre 2011. Elle est la veuve de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-jung (1998-2003), Prix Nobel de la paix pour sa «politique du rayon de Soleil», qui visait  à réconcilier les deux Corées. (Archives/Voice of America)
Lee Hee-ho (centre) en décembre 2011 au village frontalier de Paju dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées en décembre 2011. Elle est la veuve de l’ancien président sud-coréen Kim Dae-jung (1998-2003), Prix Nobel de la paix pour sa «politique du rayon de Soleil», qui visait à réconcilier les deux Corées. (Archives/Voice of America)

La veuve de Kim Dae-Jung, ancien président de Corée du Sud et prix Nobel de la paix, est attendue mercredi en Corée du Nord, une visite présentée par Séoul comme purement privée mais qui pourrait représenter l’occasion d’un léger dégel des relations bilatérales.

Lee Hee-Ho, 93 ans, restera en Corée du Nord jusqu’au 8 juillet pour ce séjour à visée humanitaire au cours duquel elle visitera un hôpital pour enfants, une maternité et un orphelinat de Pyongyang.

Les observateurs attendent toutefois de voir si elle rencontrera le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, qu’elle avait déjà rencontré après le décès de son père Kim Jong-Il en décembre 2011.

Kim Dae-Jung est le maître d’oeuvre de la politique dite du « soleil » de rapprochement avec la Corée du Nord, qui avait abouti en 2000 à un sommet historique avec Kim Kong-Il. Cette politique de réconciliation avait contribué à ce qu’il obtienne le prix Nobel de la paix cette même année.

Depuis 2008, la Corée du Sud est dirigée par des conservateurs et les relations bilatérales se sont détériorées. Pyongyang a procédé à plusieurs essais nucléaires et tirs de missiles tandis que les tensions à la frontière sont légion.

La Corée du Nord a refusé à plusieurs reprises de dialoguer avec Séoul au motif que la Corée du Sud mène des exercices militaires annuels conjoints avec les Etats-Unis.

Kim Dae-Jung reste toutefois une figure plutôt respectée en Corée du Nord, dont les médias lui épargnent les attaques au vitriol qui visent habituellement les dirigeants sud-coréens, passés et actuels.

La visite de sa veuve, qui a reçu le blanc-seing officiel de Kim Jong-Un, pourrait fournir l’occasion d’une reprise du dialogue sur des sujets peu politiques comme la rencontre des familles séparées par la guerre de Corée (1950-53), a jugé Jeung Young-Tae, analyste à l’Institut pour l’unification nationale de Séoul.

Lee Hee-Ho pourrait également rencontrer le numéro un nord-coréen, a jugé l’analyste, d’autant qu’elle a reçu l’autorisation d’emprunter un vol direct pour la Corée du Nord, ce qui est extrêmement rare.

« Traditionnellement, la Corée du Nord tente d’accorder un poids politique aux personnalités libérales qui lui sont favorables, et Lee Hee-Ho est l’une de ces personnalités », a ajouté M. Jeung.

Les autorités sud-coréennes ont souligné elles à de multiples reprises que ce voyage n’avait aucun caractère officiel. « Cette visite est significative mais nous ne prévoyons pas de faire passer de message officiel par son intermédiaire », a déclaré Park Soo-Jin, porte-parole du ministère de l’Unification qui s’occupe des questions bilatérales.

Mme Lee sera accompagnée d’une délégation de 18 personnes, dont d’anciens responsables sud-coréens et des travailleurs humanitaires.

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