Un imbroglio sur l’asile empêche l’interrogatoire d’Assange

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Deux policiers en faction le 18 août 2014 devant l'ambassade d'Equateur à Londres (Carl Court/AFP)
Deux policiers en faction le 18 août 2014 devant l’ambassade d’Equateur à Londres (Carl Court/AFP)

La Suède, qui souhaite interroger Julian Assange dans une affaire de viol, a indiqué lundi qu’elle refusait de reconnaitre au fondateur de Wikileaks le statut d’asile, une condition de l’Equateur qui l’abrite pour que l’audition ait lieu.

Le Parquet suédois veut entendre M. Assange, accusé depuis 2010 par deux Suédoises de viols et d’agressions sexuelles, à Londres dans les locaux de l’ambassade d’Équateur, qui lui a accordé l’asile en 2012.

Quito subordonne la tenue de l’audition à la signature d’un accord bilatéral sur les conditions de la coopération judiciaire sur le cas d’Assange.

« L’Équateur veut que la Suède reconnaisse le statut d’asile à Assange. Cette exigence est absurde. La Suède n’a pas la possibilité de reconnaître le statut d’asile accordé par un autre pays, en vertu du droit international », a expliqué à l’AFP une responsable du ministère de la Justice, Cecilia Riddselius.

L’Australien de 44 ans nie les faits et crie à la machination politique. Il refuse de se rendre dans le pays nordique de peur d’être extradé vers les États-Unis, où il redoute d’être condamné à mort en raison de la publication par son site de centaines de milliers de documents secrets américains.

Le temps presse si la justice suédoise souhaite le juger dans l’affaire d’agression sexuelle, prescrite au bout de cinq ans (13 août pour l’une des plaignantes et 18 août pour l’autre).

L’enquête préliminaire ne sera pas pour autant abandonnée car le délai de prescription d’un viol est de dix ans, autrement dit août 2020.

Pour Mme Riddselius, l’exigence équatorienne « n’a rien à voir avec la demande suédoise: la tenue d’une audition ». « Que cette audition ait lieu ne change pas le fait qu’Assange ait obtenu l’asile de l’Équateur », a-t-elle martelé.

Pour prouver sa bonne volonté, Stockholm a proposé à Quito de signer une convention générale de coopération juridique.

« Nous attendons une réponse », a conclu Mme Riddselius.

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