Corées: pourparlers logistiques pour une réunion des familles séparées par la guerre

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Plusieurs Sud-Coréens, très âgés pour la plupart, ont pu retrouver en Corée du Nord des proches dont ils sont séparés depuis la fin de la guerre (1950-53) lors d'une nouvelle réunion dimanche 23 février (Yonhap)
Les retrouvailles de familles coréennes séparées par la guerre durent plusieurs jours, mais la joie est tempérée par l’inévitable, le spectre de la séparation imminente qui sera cette fois définitive. (Yonhap)

Des responsables de la Croix-Rouge de Corée du Nord et de Corée du Sud ont entamé des discussions lundi afin d’organiser une réunion des familles séparées par la guerre (1950-1953), un événement rarissime toujours synonyme d’émotions fortes.
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Mise à jour au 08/09/2015 à 9h29

La Corée du Nord et la Corée du Sud sont tombées d’accord mardi pour organiser en octobre une réunion des familles séparées par la guerre (1950-53), après des discussions marathon entre les Croix-Rouge des deux pays.

Cette rencontre, la deuxième seulement en cinq ans, se tiendra du 20 au 26 octobre dans la station de montagne nord-coréenne de Kumgang, a annoncé le ministère sud-coréen de l’Unification, qui s’occupe des affaires intercoréennes.

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Ces discussions préliminaires se tiennent dans le village de Panmunjom, où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée. Elles sont le résultat d’un compromis conclu le 25 août entre les deux États rivaux pour mettre fin à une crise qui menaçait de les précipiter dans un conflit armé.

Mais Pyongyang n’a pas hésité par le passé à utiliser la question des familles pour obtenir des concessions de la part de Séoul et il n’y a aucune garantie que cette réunion, la deuxième seulement en cinq ans, aura effectivement lieu.

Les pourparlers menés par la Croix-Rouge des deux pays devraient tourner autour du choix d’une date et d’un lieu pour la rencontre. Le plus vraisemblablement, celle-ci aurait lieu début octobre dans la station de montagne nord-coréenne de Kumgang.

Des millions de personnes ont été séparées par le conflit qui avait consacré la division de la péninsule coréenne. Bon nombre d’entre elles sont mortes sans avoir pu revoir ou parler à leurs êtres chers. Toute communication civile interfrontalière est interdite.

Environ 66.000 Sud-Coréens, dont beaucoup d’octogénaires et de nonagénaires, sont sur liste d’attente pour participer à une éventuelle rencontre. Mais les élus ne sont que peu nombreux.

Les réunions des familles avaient véritablement commencé après un sommet historique Nord/Sud en 2000. À l’origine, il y avait une rencontre par an mais les tensions qui surgissent régulièrement dans la péninsule avaient eu raison de ce rythme. Plusieurs réunions ont été annulées par la Corée du Nord à la dernière minute.

Lors du dernier événement de ce type en février 2014, un ordinateur avait choisi 500 candidats au hasard. Après des entretiens et des examens médicaux, ce nombre avait encore été réduit à 200. Puis, les deux Corées avait dressé chacune une liste de 100 participants.

Pour ceux-là, les retrouvailles sont presque traumatisantes. Elles durent plusieurs jours et la joie est tempérée par l’inévitable, le spectre de la séparation imminente qui sera cette fois définitive.

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