Crise des réfugiés: le Canada remet l’accent sur l’aide aux déplacés dans les pays voisins de la Syrie

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Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)
Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)

Alors qu’il est attaqué de toute part sur sa réponse à la crise des réfugiés, le gouvernement canadien prend des mesures pour aider davantage les personnes déplacées par le conflit syrien là où elle se trouvent, dans les pays voisins, et annonce la création d’un Fonds de secours d’urgence pour la Syrie.

Ce Fonds contribuera à combler les besoins essentiels des personnes touchées par le conflit dans la région et à appuyer les pays admissibles à l’aide publique au développement par lesquels transitent les réfugiés, a annoncé aujourd’hui à Ottawa le ministre du Développement international Christian Paradis. Le choix de M. Paradis, qui a annoncé en avril dernier quitter la vie politique et ne brigue pas les suffrage, donnant une allure moins partisane à cette annonce.

La participation du gouvernement à ce fonds permettra de fournir de l’aide par l’intermédiaire d’organisations humanitaires internationales et canadiennes et de satisfaire des besoins d’aide humanitaire tels que l’accès à des abris, à de la nourriture, à des services de santé et à de l’eau ainsi qu’à la protection et à l’éducation en situation d’urgence, explique le ministère canadien des Affaires étrangères

Après être resté inflexible et intraitable sur la question des réfugiés pendant plusieurs jours, le Premier ministre Harper avait annoncé le 10 septembre qu’il allait examiner la possibilité accélérer l’accueil de réfugiés.

Aujourd’hui, irrité par la « réaction » de Stephen Harper face à la crise des réfugiés, l’ex premier ministre libéral qui a dirigé le pays plus de 10 ans de 1993 à 2003 a sauté dans l’arène malgré ses 81 ans et fustigé le chef conservateur.

Mais, malgré les critiques, le chef conservateur, tout en adoucissant un peu son image, reste toutefois le héros de la frange conservatrice de l’électorat auprès de qui sa position sur la question des réfugiés, loin de lui nuire autant que ses adversaires le souhaitaient, lui aura plutôt permis d’élargir encore davantage ses soutiens auprès cette frange conservatrice de l’opinion publique, selon Frank Graves, président de l’institut de sondage Ekos, dont la firme vient de sortir un sondage où les conservateurs ont maintenant repris la tête.

C’est ainsi que le gouvernement Harper semble maintenant suivre l’exemple de son homologue hongrois, Viktor Orban, pourtant vilipendé par plusieurs pays européens, et tente de mettre plutôt l’accent l’aide aux réfugiés là où il sont, les pays voisins de la Syrie, afin de résoudre la crise des réfugiés.

Le fonds de contrepartie en réponse au conflit en Syrie

Pour faire face aux répercussions du conflit en Syrie, le gouvernement versera un dollar pour chaque dollar admissible versé par des Canadiens, à titre personnel, à un organisme de bienfaisance canadien enregistré, et ce, jusqu’à un maximum de 100 millions de dollars. Cette mesure prend immédiatement effet et durera jusqu’au 31 décembre 2015.

Pour être versés au Fonds de secours d’urgence pour la Syrie, les dons versés par les Canadiens ne doivent pas excéder 100 000 $ par donateur et doivent respecter certaines conditions :

  • les dons doivent être faits en argent;
  • ils doivent être versés à un organisme de bienfaisance canadien enregistré qui recueille des dons en réponse à la crise en Syrie;
  • ils doivent être précisément réservés aux fins de l’aide aux victimes de la crise en Syrie;
  • ils doivent être faits entre le 12 septembre et le 31 décembre 2015;

L’organisme de bienfaisance enregistré qui reçoit les dons doit utiliser ces fonds pour aider à atténuer les répercussions de la crise en Syrie;
les dons doivent être déclarés au ministère par l’organisme de bienfaisance qui les reçoit, précise le ministère des Affaires étrangères.

Devant la réticence de son électorat naturel à aider les réfugiés, par ce plan qui amène l’État à aider les réfugiés uniquement en fonction de la réponse volontaire des Canadiens par leurs contributions, le gouvernement sortant, en pleine campagne électorale, évite de heurter la frange la plus conservatrice de son électorat et élude en partie la question pénible de l’accueil des réfugiés au Canada.

Mais pas question d’ouvrir toutes grandes les portes aux réfugiés

Optant pour aider les personnes déplacées là où elles sont, le gouvernement sortant peut refuser d’accueillir les réfugiés en masse sans paraître totalement insensible.

Refusant de céder à la surenchère dans l’accueil aux réfugiés, avec le jeune chef libéral qui propose d’accueillir 25.000, le chef néo-démocrate 46.00 et même l’ancien chef d’état-major de la Défense Rick Hillier qui surenchérit à 50.000, le parti conservateur s’est contenté pendant la campagne d’accueillir 10 000 réfugiés supplémentaires d’ici quatre ans, portant le total à 20 000 pendant la même période.

Verra-ton un jour, pour montrer qu’il du cœur tout en demeurant le meilleur rempart contre l’insécurité, le chef conservateur à défaut d’accueillir les réfugiés promettre d’aller fleurir leurs tombes.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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