Les forces spéciales veulent de nouveaux véhicules de combat

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Les forces spéciales canadiennes à la recherche d'un véhicule de combat ultraléger. Ici, le DAGOR de Polaris. (Polaris)
Les forces spéciales canadiennes à la recherche d’un véhicule de combat ultraléger. Ici, le DAGOR de Polaris. (Polaris)

La plupart des pays occidentaux en veulent, les forces spéciales en salivent d’avance, nos voisins au sud du 45e parallèle en testent en ce moment: les véhicules de combat ultraléger. Et le Canada regarde désormais ce projet de près, mais il y en a d’autres!

Les opérateurs des forces spéciales canadiennes veulent des véhicules neufs, tant pour remplacer leur flotte actuelle, que pour acquérir de nouvelles capacités. Il faut dire que le Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) s’agrandit d’année en année.

VCUL

Le COMFOSCAN veut des véhicules suffisamment petits pour être stockés à l’intérieur des hélicoptères pour leurs opérations secrètes, selon un appel d’offres du gouvernement fédéral récemment publié en ligne.

La demande d’information n’est pas en tant que telle un appel d’offres, mais la première étape pouvant mené à un appel d’offres.

Le ministère de la Défense nationale prévoit se doter d’environ 62 véhicules de combat ultralégers (VCUL) qui seront utilisés par les Forces armées canadiennes partout dans le monde.

Selon les documents consultés par 45eNord.ca, le contrat serait attribué en juillet 2016, avec une première livraison en mars 2017 et la dernière en mars 2018.

Les Forces armées canadiennes prévoient que la flotte de VCUL sera utilisée dans toutes les opérations, de la réponse à une attaque terroriste majeure à la participation à une importante opération internationale durant une période de temps prolongée lors d’un déploiement «hors zone».

Le VCUL sera utilisé par du personnel «subissant les effets de l’épuisement au combat» et devra donc être capable de fonctionner de façon continue en subissant un minimum de pannes et de dommages et en exigeant un minimum de maintenance.

Demandant donc de partir de véhicules existants, la Défense nationale exige que les véhicules qui participeront à une semaine de tests à la base de Petawawa à la mi-octobre devront:

  • utiliser du carburant diesel
  • avoir une autonomie minimale de 500 km avec le carburant interne lorsqu’ils transportent une charge utile de 1 475 kg
  • pouvoir atteindre une vitesse de pointe minimale de 90 km/h sur des routes asphaltées
  • pouvoir exécuter un rayon de braquage d’au plus 13 mètres
  • démontrer leurs capacités tout-terrain
  • pouvoir être chargés avec au moins cinq personnes portant tout l’équipement de combat et tout l’équipement essentiel à la mission.
  • pouvoir être chargés dans la soute d’un hélicoptère CH-147F Chinook.

«La DI [demande d’information]pour les véhicules de combat ultraléger est pour le COMFOSCAN et, s’ils sont achetés, seront utilisés par diverses forces opérationnelles au sein de cette organisation», a confirmé à 45eNord.ca, Ashley Lemire, une porte-parole du ministère de la Défense nationale.

Si l’on pense bien évidemment que cela pourrait servir aux membres des forces spéciales en Irak, rappelons que les missions menées tant par la Deuxième force opérationnelle interarmées et le Régiment d’opérations spéciales du Canada ont eu lieu dans des pays comme la Jamaïque, la Jordanie, le Niger, le Mali, sans compter l’Afghanistan.

Mais le véhicule de combat ultraléger n’est pas le seul véhicule que veulent obtenir les forces spéciales.

VCNG

On le sait depuis la publication en juillet 2014 du Guide d’acquisition de la Défense (remis à jour cette année), les forces spéciales souhaitent également avoir un véhicule de combat de nouvelle génération (VCNG) en remplacement du HMMWV, également appelé HUMVEE.

Le projet de VCNG avait été mis sur la glace il y a plusieurs années, alors que l’on estimait alors qu’il n’était pas nécessaire de remplacer un véhicule éprouvé. Mais avec les avancées en matière de technologies, le projet repart doucement de l’avant, comme l’on fait nos voisins du sud. La flotte de HUMVEE a subi une cure de rajeunissement au cours des dernières années et la durée de vie des véhicules a ainsi été étendue jusqu’en 2024.

Actuellement dans sa phase de définition, le projet a pour but de fournir au Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada un véhicule tactique polyvalent, destiné à la réalisation de leurs tâches et rôles uniques et spécifiques lors des opérations spéciales.

On ne sait pas encore combien de véhicules le projet demandera à l’industrie, mais un budget (assez large) à d’ores et déjà été mis en place, soit entre 115 et 249 millions $. Le contrat devrait être attribué en 2018 avec une livraison entre 2022 et 2025.

VTTR

Le véhicule tout-terrain renforcé est un autre projet en cours des forces spéciales faisant parti du Programme d’amélioration de la mobilité tactique. Les opérateurs ont déjà mené des tests sur un Polaris MRZR-4. Lors de la Soirée de reconnaissance aux Forces armées canadiennes des Toronto Maple Leafs en février dernier, les forces spéciales avaient fait une apparition remarquée, utilisant notamment… le Polaris MRZR-4.

Cela ne signifie cependant pas que le Polaris a une longueur d’avance dans le processus d’acquisition. Les Forces rappellent qu’il y aura ainsi un processus d’appel d’offres ouvert pour que le gouvernement du Canada obtienne le meilleur véhicule au meilleur prix.

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Les forces spéciales canadiennes à Toronto.

VBC

Avec l’expansion du COMFOSCAN en 2006, il a été identifié qu’il y avait une pénurie en véhicules blindés civils pour atteindre les mandats tels qu’énoncés dans la Stratégie de Défense Le Canada et dans la directive du chef d’état-major de la Défense sur la posture et la disponibilité opérationnelle 2013 des Forces armées canadiennes.

La directive exige en effet que le COMFOSCAN maintienne des lignes d’opération avec des forces opérationnelles spéciales et des petites équipes pour des déploiements à haut niveau de préparation tant au pays qu’à l’étranger. Implicite à ce mandat est l’exigence d’avoir une flotte de véhicules blindés civils à portée de main au moment où un incident se déclare.

Le projet devrait coûter entre 20 et 49 millions $. Le contrat devrait être attribué en 2016, pour une livraison en 2017.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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