Harper annonce un plan pour une unité de réserve au Yukon et répond à Mulcair sur l’Irak et la Syrie

Des membres des Forces armées canadiennes rejoignent des Rangers au poste d'opérations avancé, le 20 août 2015. (Caporal Darcy Lefebvre/Caméra de combat des Forces canadiennes)
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Des membres des Forces armées canadiennes rejoignent des Rangers au poste d'opérations avancé, le 20 août 2015. (Caporal Darcy Lefebvre/Caméra de combat des Forces canadiennes)
Des membres des Forces armées canadiennes rejoignent des Rangers au poste d’opérations avancé, le 20 août 2015. (Archives/Caporal Darcy Lefebvre/Caméra de combat des Forces canadiennes)

Fidèle à son engagement de renforcer les Forces de réserve s’il est reporté au pouvoir le 19 octobre prochain le premier ministre sortant, Stephen Harper, a annoncé ce vendredi 4 septembre un plan visant à établir une unité de réserve des Forces armées canadiennes au Yukon, répondant aussi par la même occasion à Thomas Mulcair sur l’Irak et la Syrie.

L’unité de la Première réserve au Yukon « s’ajoutera aux autres mesures prises par [le gouvernement Harper] pour protéger la souveraineté du Canada dans le Nord et créer des liens plus solides entre les Forces armées canadiennes et la population du Yukon », souligne le communiqué du Parti conservateur qui annonce ce plan.

Le 17 août dernier, les conservateurs avaient ont mis de l’avant un plan ambitieux de renforcement des Forces de réserve prévoyant, notamment, faire passer la Première réserve de 24 000 à 30 000 membres au cours du prochain mandat, au lieu des 20 ans originellement prévus.

L’annonce d’aujourd’hui s’inscrit également dans la volonté des conserveurs, déjà annoncée, de mettre l’accent sur l’utilisation de la Première réserve afin d’améliorer les liens entre les Forces armées et les communautés canadiennes, tout en reflétant l’importance qu’accorde Stephen Harper au Nord canadien depuis son arrivée au pouvoir en 2006.

«Notre gouvernement traite le rétablissement de la capacité militaire du Canada en priorité depuis son entrée en fonctions», a dit le Premier ministre sortant, notant que «L’établissement d’une unité de réserve au Yukon va beaucoup améliorer la capacité des Forces armées canadiennes dans le Nord, dans le cadre de leur mission consistant à défendre la souveraineté du Canada.»

La nouvelle unité de réserve aura plusieurs tâches, précise les conservateurs dans leur annonce.

  • améliorer la capacité opérationnelle des FAC dans l’Arctique par une spécialisation dans la survie dans le Nord;
  • fournir une capacité d’intervention d’urgence spécialisée en cas de catastrophes naturelles comme des feux de forêt, pour lesquels une formation spécialisée avancée sera offerte, et d’autres urgences ;
  • aider à soutenir les autres éléments des FAC, dont les Rangers canadiens, au Yukon ; et
  • rétablir les importants liens entre les Forces armées canadiennes et la population du Yukon, perdus en 1968 quand le gouvernement libéral de l’époque a démantelé le Régiment du Yukon.

S’assurer que les Forces armées ont les ressources nécessaires

Profitant de cette annonce pour répondre à ses adversaires, Stephen Harper a aussi déclaré qu’«Alors que Justin Trudeau et le NPD de Thomas Mulcair clament de façon irresponsable leur intention de mettre un terme à la mission militaire du Canada contre le groupe terroriste État islamique, nous allons continuer à prendre les mesures requises pour renforcer notre force militaire et assurer qu’elle peut répondre aux véritables dangers auxquels le Canada est confronté».

Le matin même, son adversaire néo-démocrate Thomas Mulcair, en avance dans les sondages sur les intentions de votes des Canadiens, déclarait que les Forces armées canadiennes n’ont absolument aucun rôle à jouer en Syrie et en Irak.

La veille, la crise des migrants et le petit Aylan, noyé sur une plage turque, faisaient irruption dans campagne des législatives canadiennes et donnaient aux adversaires de Stephen Harper l’occasion de l’accuser de ne pas avoir assez fait pour les réfugiés. Le premier ministre sortant avait alors rétorqué que la solution à la crise migratoire passait aussi par l’arrêt des violences au Moyen-Orient.

Accusé d’être un militariste impénitent, Stephen Harper, qui déclarait il n’y a pas longtemps que l’aide humanitaire sans volet militaire revenait à parachuter de l’aide à des personnes mortes, persiste et signe et met aujourd’hui l’accent sur sa volonté de s’assurer «que les hommes et les femmes membres des Forces armées canadiennes», ici comme dans de leur mission à l’étranger «ont les ressources dont ils ont besoin pour continuer à protéger et à servir leurs concitoyens avec efficacité.»

Et le premier ministre sortant fait aussi valoir que «l’expansion de notre Force de réserve [permettra] aux Forces armées canadiennes de mettre à profit les compétences variées des civils canadiens qui veulent servir leur pays en participant à la force militaire» et de «rétablir d’importants liens entre la population du Yukon et les Forces armées canadiennes, et offrir une capacité militaire additionnelle majeure au Yukon.»

Des plumes et des épaulettes

Maintien de la capacité militaire, responsabilité partagée avec nos alliés dans les combats importants, liens entre la population canadienne et les militaires, tous des thèmes qui devraient permettre aux conservateurs d’au moins conserver l’appui de leur «clientèle» traditionnelle, alors qu’après un début de campagne dominé les néo-démocrates, les partis sont presque coude à coude après un premier mois de lutte avec 31 % pour le NPD, 30 % pour les conservateurs et 28 % pour les libéraux, selon le dernier sondage Abacus réalisé entre le 26 et le 28 août.

Mais, sur les questions militaires, la polarisation s’accentue de plus en plus alors qu’on semble tenter de nous convaincre que ceux qui portent un uniforme et ne voteraient pas conservateur y perdraient leurs épaulettes et que les blanches «colombes» qui ne jurent que par l’humanitaire et qui ne voteraient pas NPD y perdraient leurs plumes.