Irak: entre 6 et 27 civils pourraient avoir été tués dans un bombardement canadien

Après des bombardements de la coalition il ne reste quasiment plus rien debout. L'ennemi meurt généralement écrasé sous les tonnes de bombes et de béton. (Wali/torcheepee.com)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Après des bombardements de la coalition il ne reste quasiment plus rien debout. L'ennemi meurt généralement écrasé sous les tonnes de bombes et de béton. (Wali/torcheepee.com)
Après des bombardements de la coalition il ne reste quasiment plus rien debout. L’ennemi meurt généralement écrasé sous les tonnes de bombes et de béton. (Wali/torcheepee.com)

Un récent document déclassifié du Pentagone révèle qu’une frappe aérienne canadienne pourrait avoir fait plusieurs victimes civiles, mais soulève également des questions sur l’enquête.

Ce sont 45 incidents entre le 14 septembre 2014 et le 30 avril 2015 qui sont rapportés dans un document listant toutes les allégations de victimes civiles dans le cadre de la guerre contre le groupe armé État islamique en Irak et en Syrie.

Le document de 14 pages liste ainsi des incidents en lien avec des avions canadiens, français, néerlandais, australiens et américains.

La frappe canadienne en question a eu lieu le 21 janvier dernier à l’ouest de la ville de Mossoul dans le nord irakien et le document du CENTCOM (allégation n°27 à la page 9) révèle que entre 6 et 27 civils seraient mortes dans l’attaque canadienne.

«Une frappe canadienne (CF-18) a frappé une position de sniper/mitrailleuse sur le toit d’un immeuble dans une enceinte de l’EI occupé ce qui est en corrélation avec le prétendu rapport» poursuit le document.

La première source de cette allégation n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit d’un combattant peshmergas anglophone qui a transmis ses préoccupations aux forces spéciales de la coalition. Rappelons que les Forces armées canadiennes, tout comme plusieurs autres alliés, forment des combattants peshmergas à lutter contre l’EI.

Dans un courriel envoyé à 45eNord.ca, le ministère de la Défense nationale a précisé que «le QG de la coalition a effectué un examen de toutes les images et vidéos fiables. L’examen n’a découvert aucune preuve de victimes civiles».

Selon le ministère, il a également été reconfirmé que la cible canadienne du 21 janvier était «un objectif militaire valable à partir de laquelle l’EI opérait une mitrailleuse lourde sur les troupes kurdes irakiens».

Or, même si le Centre de commandement des Forces terrestres combinées de la coalition en Irak était responsable de mener une détermination de crédibilité du rapport et de donner ses premières impressions, l’opinion du conseiller juridique du Commandement des opérations interarmées du Canada est que «dans le cadre du droit des conflits armés, il n’y a aucune obligation pour les FAC de mener une enquête».

Les Forces armées canadiennes ont jugé l’allégation comme étant «non crédible» et disent ne pas être au courant d’autres allégations de victimes civiles impliquant des CF-18, mis à part celle du 21 janvier «qui, après examen, identifie qu’il y avait pas de motifs sérieux de croire que des civils aient été tués».

Fin juillet, la commandante de la Force opérationnelle interarmées en Irak, le brigadier-général Lise Bourgon, nous révélait qu’une bonne évaluation des pertes peut cependant être compliquée à obtenir puisque dans certains cas il n’y a personne au sol ou que la cible se situe au cœur d’un territoire ennemi. L’évaluation ne peut alors se faire que des airs.

Selon le brigadier-général Bourgon «les pilotes ont toujours le droit de changer d’idée et de ne pas attaquer» précisant également qu’il y a eu «plusieurs missions avortées».

Selon la journaliste Mercedes Stephenson de CTV, la position djihadiste se trouvait loin d’habitations civiles et il n’y avait aucun signe de vie civile depuis le 2 janvier. De plus, la position frappée était au milieu d’un champ et était lourdement fortifiée.