La gauche canadienne, en tête pour les élections d’octobre, promet l’accueil de 46.000 réfugiés syriens

La porte-parole du NPD en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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La porte-parole du NPD en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Au Canada, le Nouveau Parti démocratique (N.P.D., gauche) propose de recevoir 10 000 réfugiés syriens parrainés par le gouvernement cette année, puis 9000 par année au cours des quatre années suivantes, a expliqué Hélène Laverdière, porte-parole du N.P.D. en matière d’Affaires étrangères.(Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) a promis samedi l’accueil de 46.000 réfugiés syriens, en cas de victoire aux législatives d’octobre au Canada, un chiffre plus important que ses adversaires libéraux ou conservateurs.

« Après avoir relocalisé 10.000 réfugiés syriens (…) d’ici la fin de 2015 », un gouvernement formé par le NPD après les législatives s’engage de porter à « 9.000 par année au cours des quatre prochaines années » cet accueil de réfugiés syriens, a assuré Paul Dewar, porte-parole des néo-démocrates pour les Affaires étrangères.

« Quand des crises humanitaires surviennent, les Canadiens répondent le plus souvent avec générosité » et il est nécessaire d’agir « en prenant des mesures concrètes pour sauver des vies immédiatement et en adoptant un plan d’aide durable pour les années à venir », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

En tête dans les sondages à six semaines des législatives, le chef du NPD Thomas Mulcair avait promis jeudi, en cas de majorité à la chambre, l’accueil avant fin décembre de 10.000 migrants que l’Onu avait assigné en début d’année pour le Canada.

Le NPD a indiqué samedi que le plan de relocalisation de 46.000 réfugiés d’ici 2019 correspondait à l’objectif fixé au Canada par le rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des migrants, le Canadien François Crépeau, sur un total d’un million de réfugiés syriens pour le monde occidental.

Depuis plusieurs jours, la crise des migrants en méditerranée est au coeur de la campagne électorale, et les différents leaders politiques canadiens sont engagés dans une bataille de chiffres.

Le libéral Justin Trudeau, qui pointe au troisième rang ans les intentions de vote, a fixé l’objectif d’accueil à 25.000 réfugiés.

De son côté, le Premier ministre conservateur sortant Stephen Harper a promis « d’accepter plus de réfugiés de Syrie et d’Irak » avec 20.000 réfugiés sur quatre ans en assurant avoir « des plans pour en faire davantage ».

Mais, selon lui, la solution à la crise des migrants n’est pas l’accueil de réfugiés mais plutôt la poursuite de l’intervention militaire dans les zones où le groupe État islamique persécute les populations, obligées de fuir.

Il a critiqué MM. Mulcair et Trudeau qui demandent le retrait des forces armées canadiennes d’Irak et de Syrie où elles sont engagées avec la coalition internationale menée par les États-Unis.

« Comment peut-on conclure que nous devrions nous retirer et laisser ces populations mourir parce que nous ne voulons pas participer à un engagement militaire », a déclaré vendredi M. Harper.

Pendant ce temps, les migrants arrivent par milliers en Europe

Une famille réfugiée attend un bus après son arrivée dans la gare centrale de Munich, dans le sud de l’Allemagne, le 5 septembre 2015. (AFP/CHRISTOF STACHE)
Des milliers de migrants venant de Hongrie ont afflué samedi en Autriche et en Allemagne, une crise qui va « durer » et à laquelle le monde doit « consacrer plus d’attention », ont prévenu des responsables internationaux.

« Nous sommes face à un événement dramatique. La crise est là pour durer », a affirmé la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Luxembourg.

« Nous attendons du monde qu’il consacre plus d’attention à cette crise humanitaire », a dit le vice-Premier ministre turc Cevdet Yilmaz, en bouclant une réunion des grands argentiers du G20 -les vingt principales économies mondiales- à Ankara.

Au moins 500 personnes bloquées en Hongrie depuis plusieurs jours, dans des conditions éprouvantes, ont entamé samedi une nouvelle marche depuis la gare centrale de Budapest vers la frontière autrichienne, distante de 175 km, selon un journaliste de l’AFP.

Vendredi, quelque 1.200 migrants s’étaient mis en marche vers la frontière avec l’Autriche, poussant les autorités hongroises à conduire des milliers d’autres en bus à la frontière.

Selon la police autrichienne 123 bus affrétés en Hongrie sont arrivés à la frontière, mais selon le chef de la police hongroise il n’y aura « plus de véhicule » pour les migrants.

L’Autriche, qui prévoyait l’arrivée de 10.000 personnes dans la journée, et l’Allemagne, qui en escompte jusqu’à 7.000, ont donné leur accord pour accueillir ces hommes, femmes et enfants, fuyant pour la plupart la Syrie ravagée par la guerre.

Des scènes d’exode ont continué de marquer la pire crise migratoire en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Et en Méditerranée aussi

La crise des migrants. (AFP/I.Vericourt/A.Bommenel)
En Méditerranée aussi, les arrivées par centaines en provenance des côtes turques proches se poursuivaient à un rythme soutenu sur les îles grecques d’Egée orientale, et quelque 650 personnes au total ont été secourues en mer.

Sur l’île de Lesbos, qui recueille à elle seule la moitié des arrivants, de brefs incidents ont opposé la police à des réfugiés et migrants protestant contre la lenteur de leur enregistrement, d’après les télévisions grecques.

À Collio, dans le nord de l’Italie, la police est ntervenue devant un hôtel où étaient hébergés 19 demandeurs d’asile pour séparer environ 200 personnes venues apporter des vêtements de quelques dizaines de militants d’extrême droite.

Les Européens peinent à s’accorder pour accueillir les 366.000 personnes au minimum qui ont traversé la Méditerranée depuis le début de l’année, selon l’ONU. Quelque 2.800 y ont laissé leur vie.

Le HCR a appelé vendredi à la répartition d’au moins 200.000 demandeurs d’asile dans l’Union européenne. La Commission européenne va proposer la semaine prochaine aux 28 Etats membres de se répartir l’accueil de 120.000 réfugiés.

Cette crise est « un élément qui influe sur la confiance, sur le climat économique et éventuellement sur les finances publiques », selon le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, à la réunion du G20, en soulignant que l’arrivée de réfugiés peut être « à moyen terme un élément de renforcement du potentiel de croissance ».

En France, plus de 10.000 personnes se sont rassemblées à Paris et dans d’autres villes en solidarité avec les migrants.

Les images choc du corps du petit garçon syrien Aylan échoué mercredi sur une plage turque ont provoqué une profonde émotion à travers le monde et suscité un élan de solidarité face à la tragédie.