Libye: le pays se dirige «vers une impasse très dangereuse»

Le Congrès général national libyen. (Archives/Mahmud Turkia/AFP)
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Le Congrès général national libyen. (Archives/Mahmud Turkia/AFP)
Le Congrès général national libyen. (Archives/Mahmud Turkia/AFP)

L’expiration fin octobre prochain du mandat du Parlement de Tobrouk (Libye), reconnu par la communauté internationale, « dirigera le pays vers une impasse très dangereuse », si les parties antagonistes ne parviennent pas à former un gouvernement d’unité nationale, ont prévenu mardi des experts interrogés par l’APS.

En proie au chaos depuis la chute du régime de Maâmmar El-Gueddafi en 2011, la Libye est livrée aux milices et compte deux pouvoirs rivaux, avec un Parlement basé dans la capitale Tripoli aux mains d’une coalition de milices, Fajr Libya, et un autre à Tobrouk (Est).

« L’expiration du mandat du Parlement de Tobrouk fin octobre prochain pourrait conduire la Libye vers une impasse plus dangereuse que l’actuelle en cas d’échec du dialogue entre les parties antagonistes », a averti le professeur Omar Baghzouz, enseignant en relations internationales à l’université de Tizi Ouzou.

« Le dénouement de la crise ne peut se faire que par la formation d’un gouvernement d’unité nationale, et dans ce cas de figure l’expiration du mandat du Parlement de Tobrouk n’aura aucun effet sur la crise dans ce pays », a-t-il soutenu.

« La Libye n’a jamais connu de démocratie et souffre de multiples problèmes structurels qui s’ajoutent à l’apogée des milices armées et des groupe terroristes, c’est pourquoi les parties libyennes doivent faire des concessions pour rapprocher leurs positions respectives et sortir leur pays de la crise ».

Concernant les efforts diplomatiques de la communauté internationale, consentis dans le cadre de la résolution de la crise libyenne, M. Baghzouz a indiqué que « beaucoup de médiations tuent la médiation », en allusion aux nombreuses initiatives de médiation qu’a engagées la Mission de l’Onu pour la Libye (Manul).

« Il faut se contenter d’une seule médiation dans le cas de la crise libyenne, beaucoup de cas le confirment dans l’histoire de la gestion des conflits internationaux », a-t-il soutenu.
Le spécialiste dans les études euro-méditerraniennes a également souligné que le pays d’accueil des pourparlers interlibyens doit être un pays neutre et frontalier de la Libye, tout en s’interrogeant sur les critères du choix du Maroc par la médiation internationale.

Pour sa part, le Dr. Abdelouahab Benkhlif, enseignant à la faculté des sciences politiques de l’université d’Alger, a estimé que « les prochains jours seront décisifs pour l’avenir de la Libye », prévenant qu' »en cas d’échec des pourparlers de paix entre les partis antagonistes, ce pays prendra la voie de l’inconnu ».

Cependant ce spécialiste dans les questions sécuritaires, juge que « l’expiration du mandat du parlement de Tobrouk ne produira aucun effet sur le conflit en Libye, puisque ce dernier existait bien avant l’élection de ce Parlement ».

« Le sécuritaire prime sur le politique en Libye », a-t-il martelé, soulignant que « le vrai problème dans ce pays est le contrôle qu’opèrent les milices armées sur les institution législatives et exécutives ».

« Ni le Parlement de Tobrouk, ni celui de Tripoli ont pu imposer la sécurité et la stabilité politique, puisque ce sont les milices qui détiennent le vrai pouvoir », a-t-il ajouté.