L’OEA rejette la demande de Bogota d’une réunion sur la crise avec Caracas

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La ville frontière de San Antonio de Tachira au Venezuela après l'expulsions d'un milliers de Colombiens en pleine crise frontalières opposant les deux pays. (AFP)
La ville frontière de San Antonio de Tachira au Venezuela après l’expulsions d’un milliers de Colombiens en pleine crise frontalières opposant les deux pays. (Archives/AFP)

L’Organisation des États américains (OEA) a rejeté lundi la demande de la Colombie d’organiser une réunion spéciale de ministres des Affaires étrangères sur la crise diplomatique qui l’oppose au Venezuela après l’expulsion du pays voisin de milliers de Colombiens.

Une autre réunion prévue pour jeudi sur le même sujet par l’Unasur (Union des nations sud-américaines) a finalement été reportée à une date ultéreieure, a annoncé lundi le ministre équatorien des Affaires étrangères chargé de l’organiser, Xavier Lasso.

La Colombie avait demandé « l’intervention rapide » de l’OEA dans cette crise, avec l’organisation d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’organisation basée à Washington.

La proposition de Bogota n’a finalement pas été retenue lundi après un vote de ses membres.

L’Uruguay, les États-Unis, le Chili et le Mexique l’ont notamment soutenue, tandis que l’Équateur, Haïti, la Bolivie et le Nicaragua ont voté contre. Onze pays se sont abstenus, dont le Panama qui a offert de servir de médiateur entre Bogota et Caracas.

« La situation humanitaire est grave, complexe et exige une réaction rapide » de tous les pays de la région, a déclaré lundi l’ambassadeur colombien auprès de l’OEA, Andres Gonzalez, devant le Conseil permanent de l’organisation

L’ambassadeur du Venezuela à l’OEA, Roy Chaderton, a lui défendu la décision « démocratique » de son gouvernement de fermer les frontières avec la Colombie et d’expulser certains de ses ressortissants. Exprimant sa « surprise » face à la réaction de Bogota, il a assuré y voir des fins électoralistes, avant des élections locales prévues en octobre en Colombie.

« On ne peut qu’être un peu soupçonneux à la vue de la magnitude du scandale monté en réaction à une décision souveraine du gouvernement du Venezuela », a assuré Roy Chaderton.

La situation entre les deux voisins sud-américains s’est brusquement tendue le 19 août.

Le Venezuela a décrété l’état d’exception pour 60 jours et expulsé un millier de Colombiens installés au Venezuela, affirmant que la frontière était infestée de paramilitaires colombiens.

Cette décision est intervenue après une embuscade à la frontière, dans laquelle trois militaires et un civil vénézuéliens ont été blessés, et attribuée par le Venezuela à des paramilitaires.

La tension n’est pas retombée depuis: les deux pays ont rappelé jeudi leurs ambassadeurs respectifs pour consultations

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