Partie importante la preuve contre l’ado montréalais de 15 ans accusé de terrorisme inadmissible

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Les loups solitaires, ces gens se radicalisant seuls, devant leur ordinateur, inquiètent les autorités.
Les loups solitaires, ces gens se radicalisant seuls, devant leur ordinateur, inquiètent les autorités.

Au procès du jeune Montréalais soupçonné d’avoir voulu quitter le Canada pour prendre part à des activités terroristes, qui débuté ce mardi en Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, à Montréal, plus de la moitié de la déclaration que l’adolescent maintenant âgé 16 ans accusé de terrorisme a donnée, le soir du 20 octobre, n’est pas été admis en preuve, a décidé la juge Dominique Wilhemy.

Seulement 19 pages sur 50 sont admises et les pages rejetées contenaient les parties les plus incriminantes pour l’accusé, rapporte La Presse Canadienne.

C’est en effet dans ces 31 pages déclarées inadmissibles en preuve qu’on en apprenait un peu plus sur les liens de l’ado, alors âgé de 15 ans, avec Martin Couture-Rouleau, l’auteur de l’attentat mortel qui a coûté la vie en octobre dernier à l’adjudant Patrice Vincent que l’aspirant djihadiste avait happé avec sa voiture dans un parking de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Le numéro de téléphone de Couture-Rouleau avait été trouvé dans la poche d’un pantalon appartenant à l’adolescent.

Le jeune adolescent, dont l’identité est frappée d’un interdit de publication, est soupçonné d’avoir commis un vol qualifié «au profit ou sous la direction» d’une organisation terroriste en plus d’avoir voulu quitter le pays pour participer «aux activités d’un groupe terroriste à l’étranger».

Le 11 octobre dernier, l’adolescent qui avait 15 ans au moment des faits, était entré dans un dépanneur de l’ouest de Montréal, le visage couvert d’un foulard. Il a sorti un long couteau avant de réclamer le contenu du tiroir-caisse. Le propriétaire a déposé un peu plus de 2.000$ dans un sac, que le père trouvera le soir-même dans la cour arrière de leur maison.

Le père a questionné son fils, mais ce dernier a nié avoir commis un crime.

Cette somme, le jeune homme comptait l’utiliser pour se rendre dans un pays soumis à la loi islamique

Il étudiait dans un collège privé de Montréal lorsque les policiers l’ont placé en état d’arrestation l’automne dernier.

L’adolescent a fait une déclaration vidéo ce jour-là que la poursuite voulait produire en preuve. Or, la défense en contestait la légalité. L’accusé avait refusé la présence de ses parents ainsi que d’un avocat au moment de l’interrogatoire.

La juge Dominique Wilhelmy a décidé ce matin, après avoir entendu les plaidoiries des avocats des deux parties, de rejeter tout ce que le jeune a dit à partir du moment où, en cours d’interrogatoire, le jeune a demandé: «Est-ce que mon opinion sera une preuve contre moi?»

Le policier qui l’interrogeait lui avait alors répondu qu’il avait le droit d’avoir une opinion, qu’il ne pouvait être poursuivi pour ses idées. La juge conclut que l’enquêteur avait le devoir de rappeler à l’adolescent que tout ce qu’il dirait pourrait être retenu contre lui. Le procès se poursuit cet après-midi.

En février dernier, la procureure fédérale a qu’elle réclamait une peine pour adulte pour l’adolescent. En vertu de la Loi sur la lutte contre le terrorisme, le jeune adolescent risque de 10 à 14 ans de prison.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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