Remous au Pentagone sur les performances des femmes au combat

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Un soldat américain aide une de ses collègues à enfiler sa veste de protection (US Air Force Photo/Tech. Sgt. Jason W. Edwards)
Un soldat américain aide une de ses collègues à enfiler sa veste de protection (Archives/US Air Force Photo/Tech. Sgt. Jason W. Edwards)

Un haut responsable du Pentagone a désavoué vendredi une étude des Marines américains qui montre une moindre performance des troupes de combat comportant des femmes, en tout cas à l’entraînement.

À la source de cette étude, il y a « un groupe d’hommes pensant que ce n’est pas une bonne idée » d’ouvrir les postes de combat aux femmes, a accusé Ray Mabus, secrétaire à la Marine au Pentagone, et à ce titre responsable civil des Marines.

« Quand vous commencez avec cet état d’esprit, vous êtes déjà presque en train de présupposer le résultat », a-t-il dit.

Les Marines viennent de diffuser le résumé d’une étude de trois mois, comparant les performances relatives d’équipes exclusivement masculines, à celle d’équipes mixtes.

Celle-ci montre que les groupes mixtes sont moins performants dans une série de domaines, comme le tir ou la mobilité sur le terrain (déplacements, franchissement d’obstacles…).

L’étude relève aussi un taux de blessures chez les femmes bien supérieur à celui des hommes pour les mêmes exercices: 40,5% de blessures musculo-squelettiques chez les femmes, contre 18,8% chez les hommes.

« Une partie de l’étude affirme qu’il faut craindre que, parce que les femmes sont plus fréquemment blessées, elles craqueront plus. Que nous perdrons à terme notre efficacité au combat », a déploré M. Mabus.

« Mais ce n’est qu’une extrapolation basée sur des taux de blessures et je ne suis pas sûr que ce soit exact », a-t-il estimé.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter doit trancher en janvier 2016 sur les éventuelles exceptions au principe de mixité totale des postes de combat, posé en 2013 par l’administration Obama.

a capitaine Kristen Griest (g) lors d’un entraînement au combat des Rangers, le 20 avril 2015 à Fort Benning, dans l’état américain de Géorgie. (US Army/AFP/PFC/Antonio Lewis)
Pour l’instant, les chefs du Pentagone se sont plutôt montrés favorables à une ouverture totale, à condition que les femmes remplissent les mêmes critères de sélection que les hommes.

En août, deux jeunes femmes officiers ont marqué un point symbolique pour l’égalité d’accès au combat en réussissant à décrocher leur insigne de Ranger, une formation d’élite de l’armée de terre extrêmement difficile qui pousse les combattants à leurs limites physiques et morales.

Selon l’étude des Marines, les groupes exclusivement masculins « ont démontré des niveaux de performance plus élevés dans 69% des tâches évaluées (93 sur 134) », selon le résumé diffusé par les Marines à la presse.

Les Marines ont comparé pendant trois mois les performances de groupes mixtes et de groupes exclusivement masculins dans un bataillon expérimental de 400 Marines, dont 100 femmes.

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