Roméo Dallaire affirme que le Canada pourrait accueillir 90.000 réfugiés syriens

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Le sénateur et ancien lieutenant-général Roméo Dallaire (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le sénateur et ancien lieutenant-général Roméo Dallaire (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

L’ancien sénateur et lieutenant-général Roméo Dallaire estime que le Canada pourrait accueillir jusqu’à 90.000 réfugiés syrien, ce qui serait «un atout incroyable» pour le Canada.

Lors d’une interview à Power & Politics, sur la CBC, Roméo Dallaire a rappelé qu’avant que la guerre civile débute la Syrie était une société de classe moyenne bien éduquée et que ses citoyens feraient donc une bonne contribution au Canada.

Faisant échos aux récents propos du général (ret.) Rick Hillier, qui avait évoqué le chiffre de 50.000 réfugiés, il affirme ainsi que le Canada a la capacité de donner refuge à entre 80.000 et 90.000 réfugiés syriens. «Ils seront un atout incroyable, autant que les Vietnamiens et les Hongrois l’ont été», rappelant ainsi les précédentes crises migratoires auxquelles le Canada a fait face en aidant ces personnes à fuir leur pays. Il y a d’ailleurs bien d’autres exemples, avec le Kosovo en 1999 et surtout les Juifs, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Un écran de fumée

L’ancien général qu’il était a rejeté la question sécuritaire et notamment l’hypothèse des problèmes de sécurité liés à cette arrivée massive comme étant un «écran de fumée» politique soulevé par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Il a ainsi rappelé que le Canada a déjà pris plus de 20.000 Irakiens, précisant du même souffle ne pas se souvenir que la «sécurité ait provoqué un débat et tout d’un coup parce qu’ils sont Syriens… la sécurité est devenue un thème dominant?».

Soulevant la question du nombre, Roméo Dallaire s’interroge sur combien de Syriens feront partis des annonces du gouvernement. En effet, Stephen Harper a annoncé que le Canada accepterait 20.000 réfugiés syriens et irakiens. Selon lui,«nous pourrions aller directement dans ces camps de réfugiés et commencer à les sortir. Ils sont tous enregistrés».

Pour l’ancien commandant canadien qu’il était, il serait facile pour les militaires de l’Aviation royale canadienne d’utiliser leurs avions de transport CC-177 ou CC-130 pour se rendre sur place, avec des fonctionnaires d’Immigration Canada pour effectuer toutes les vérifications nécessaires avant de les ramener au Canada. Or, Stephen Harper s’est refusé à cette option.

Présence au sol

Interrogé à propos de la campagne militaire, Roméo Dallaire a déclaré que la coalition dirigée par les Américains aurait dû utiliser des troupes au sol depuis le début.

«Nous aurions dû être là-bas avec des bottes sur le terrain, renforçant les capacités locales afin d’avoir une protection efficace.»

Les frappes aériennes, a-t-il dit, fournissent des risques limités, mais aussi des résultats limitées. «Larguer des bombes de 500 livres sur un camion avec quelques gars dedans n’est pas ce que j’appelle une utilisation efficace de la force».

Tant l’ancien commandant, le brigadier-général Dan Constable, que l’actuel, le brigadier-général Lise Bourgon, nous ont affirmé que le but du Canada est de «gagner du temps pour les forces irakiennes» qui sont en train d’être formées». Or, le Canada ne participe à cette formation qu’avec une soixantaine de conseillers militaires. Quand à la Syrie… elle est juste oubliée!

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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