Sommet extraordinaire de l’UE sur les réfugiés le 23 septembre

0
Hommes, femmes et enfants tentent de rompre un cordon de policiers le 17 septembre 2015 dans la ville de Tovarnik, près de la frontière serbo-croate. (AFP)
Hommes, femmes et enfants tentent de rompre un cordon de policiers le 17 septembre 2015 dans la ville de Tovarnik, près de la frontière serbo-croate. (AFP)

Les dirigeants européens se réuniront la semaine prochaine à Bruxelles pour tenter de surmonter leurs divisions sur la crise des migrants, qui se pressent désormais par milliers en Croatie après avoir été bloqués à la frontière hongroise sur la route de l’Europe de l’ouest.

Ce sommet de l’Union européenne aura lieu mercredi après-midi à Bruxelles, au lendemain d’une rencontre des ministres de l’Intérieur sur le dossier, a annoncé jeudi le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Mardi, la chancelière allemande Angela Merkel et son homologue autrichien Werner Faymann avaient demandé la tenue rapide d’un sommet pour s’entendre sur une répartition contraignante de 120.000 réfugiés et aider à résoudre la plus grande crise migratoire sur le continent depuis 1945.

Mais d’autres pays, notamment ceux de l’Est comme la Slovaquie et la Hongrie, continuent de s’opposer fermement à tout quota imposé de migrants.

Ceux-ci ont continué jeudi d’affluer par milliers en Croatie, nouvelle route vers l’Europe occidentale après le verrouillage de la frontière serbo-hongroise, théâtre la veille de heurts violents entre migrants excédés et forces de l’ordre.

Dans la matinée, la petite gare de Tovarnik, ville croate proche de la frontière serbe, était envahie par les migrants cherchant à monter dans des trains pour rejoindre Zagreb et poursuivre leur voyage.

« Il y a entre 4.000 et 5.000 personnes ici. Les trains arrivent mais ils ne peuvent pas prendre tous ces gens », a assuré un porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) Jan Kapic.

‘hors contrôle’

Face à cet afflux « les choses sont dans une certaine mesure en train de devenir hors contrôle », s’est inquiétée la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic.

« La Croatie a fait preuve d’humanité » mais « trop de réfugiés entrent sans contrôle », a-t-elle dit.

Des volontaires de la Croix-Rouge distribuaient eau et nourriture en priorité aux centaines d’enfants et de bébés.

« C’est très dur ici. Il y a tellement de gens. Nous ne savons pas ce qui se passe », témoignait Hassan Cheikh-Hassan, un étudiant en droit syrien de 25 ans.

« Nous avons parlé avec la police et ils ne nous laissent pas partir », déplorait Abdullah Janabi, venu avec un groupe de jeunes Syriens originaires d’Alep. « Nous avons de l’argent et des passeports (…) mais nous sommes pris au piège ici ».

Au total, 6.200 candidats à l’exil se trouvaient jeudi sur le territoire croate, a précisé le ministère de l’Intérieur. Et les autorités s’attendent à un afflux de plus de 20.000 migrants dans les deux semaines à venir.

À la frontière serbo-hongroise, au poste-frontière de Horgos-Röszke, environ 300 migrants étaient toujours massés jeudi sous un soleil de plomb, certains ayant passé la nuit dans des tentes installées à même l’asphalte.

La tension est toutefois retombée après les violents affrontements de la veille, qui ont fait 14 blessés parmi les policiers, selon les autorités. Des migrants ont aussi fait état de blessés dans leurs rangs.

Face à l’intransigeance de Budapest, qui s’apprête à construire une nouvelle barrière à sa frontière avec la Roumanie, les migrants se résignaient à faire le détour par la Croatie.

‘UE, réveille-toi!’

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé qu’il envisageait aussi de faire construire une barrière à la frontière avec la Croatie et a invoqué la nécessité de mettre ainsi fin au « business des passeurs ».

L’Europe « est née pour abattre les murs, pas pour les construire », a réagi le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, dans une critique transparente de la Hongrie.

Parallèlement, en Turquie, des centaines de Syriens cherchent une porte d’entrée terrestre vers la Grèce pour rejoindre le flux des migrants sans passer par la mer où les naufrages meurtriers se succèdent.

Plusieurs centaines de migrants continuaient jeudi de camper aux abords de la ville d’Edirne, frontalière de la Grèce et de la Bulgarie, bloqués dans leur périple par la police turque.

« UE, réveille-toi, des femmes et des enfants sont en train de mourir! », proclamait l’une des pancartes brandies par ces réfugiés.

La Bulgarie a annoncé jeudi l’envoi d’un millier de militaires à sa frontière avec la Turquie face à la situation « compliquée » provoquée par la crise migratoire.

Destination rêvée par la plupart des candidats à l’exil, l’Allemagne a enregistré 9.100 arrivées sur son territoire mercredi, contre 6.000 la veille, preuve que le flux est loin d’être stoppé.

Le Danemark a annoncé qu’il acceptait finalement d’accueillir, sur la base du volontariat, 1.000 des 120.000 réfugiés que l’UE veut répartir pour soulager les pays où ils se concentrent. Et le Portugal s’est dit prêt à accueillir « au moins 2.000 réfugiés » supplémentaires, ce qui porterait leur nombre à 3.500 environ.

Quelque 500.000 personnes fuyant la guerre ou la misère, et venant principalement du Moyen-Orient et d’Afrique, sont déjà arrivés dans l’UE cette année, après de longs et périlleux voyages.

Les commentaires sont fermés.