Trois chefs du Hamas et une figure du Hezbollah sur la liste «terroriste» américaine

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Samir Kuntar (à droite), une figure du Hezbollah chiite libanais, qui avait purgé une peine de prison à perpétuité en Israël pour le meurtre d'Israéliens en 1979 avant d'être libéré en 2008. (Wikipédia)
Samir Kuntar (à droite), une figure du Hezbollah chiite libanais, qui avait purgé une peine de prison à perpétuité en Israël pour le meurtre d’Israéliens en 1979 avant d’être libéré en 2008. (Wikipédia)

Les États-Unis ont inscrit sur leur liste noire de « terroristes internationaux » trois hauts dirigeants du groupe palestinien Hamas, dont deux avaient été libérés en 2011 par Israël en échange du soldat israélien Gilad Shalit, a annoncé mardi le département d’État.

Le département d’État a également fait figurer sur cette liste une figure du Hezbollah chiite libanais, Samir Kuntar, qui avait purgé une peine de prison à perpétuité en Israël pour le meurtre d’Israéliens en 1979 avant d’être libéré en 2008.

Concernant le Hamas palestinien, qui est au pouvoir à Gaza, les trois hommes désignés par le gouvernement américain comme « terroristes » sont Yahya Sinouar et Raouhi Mouchtaha, cadres de l’organisation islamiste, et Mohammad Deif, le chef de guerre du Hamas et chef militaire des brigades Ezzedine al-Qassam.

Selon un communiqué de la diplomatie américaine, ces désignations juridiques en matière de « terrorisme », décidées régulièrement par le département d’État, ont pour effets de geler tous les biens que les « terroristes internationaux » détiendraient aux Etats-Unis et d’interdire à tout ressortissant américain de commercer avec eux.

Mohammed Deif, l’insaisissable chef militaire du Hamas, est sans conteste la figure la plus importante montrée du doigt mardi par les autorités américaines et recherchée en vain par Israël. L’armée israélienne avait une nouvelle fois tenté de l’assassiner lors d’un raid aérien en août 2014.

Depuis plus de 20 ans, cet enfant de la bande de Gaza, né en 1965 dans le camp de réfugiés de Khan Younès (sud), est mêlé aux coups les plus durs portés contre Israël: enlèvements de soldats, attentats suicide, tirs de roquettes, tunnels d’attaque…

Désigné en 2002 pour prendre la tête des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement islamiste palestinien, après la mort de son prédécesseur Salah Chéhadé tué dans un raid israélien, Deif a une longue histoire militante et clandestine entamée dans les années 1980.

D’après le département d’État, M. Deif s’est rendu célèbre pour des attentats suicide et pour « ordonner des rapts de soldats israéliens ».

« Lors du conflit de 2014 entre Israël et le Hamas, Deif fut le cerveau de la stratégie offensive » du groupe islamiste palestinien, que Washington considère depuis des années comme une « organisation terroriste ».

Les deux autres, Yahya Sinouar et Raouhi Mouchtaha, sont des cadres du Hamas mais sont également considérés par le département d’État comme des membres fondateurs des brigades Ezzedine al-Qassam.

Ils avaient été arrêtés par Israël en 1988 pour « activité terroriste » avant d’être libérés en octobre 2011 dans le cadre d’un accord d’échange de plus de mille prisonniers palestiniens contre la remise en liberté du soldat israélien Gilad Shalit — qui a aussi la nationalité française — détenu pendant cinq ans par le Hamas.

Washington accuse encore ces deux hommes de continuer à prôner l’enlèvement de soldats israéliens pour servir de monnaie d’échange pour des prisonniers palestiniens.

Par ailleurs, dans un communiqué séparé, le département d’Etat a inscrit sur sa liste noire le Libanais Samir Kuntar, qui avait passé quasiment 30 ans dans une prison israélienne pour un triple meurtre particulièrement brutal en 1979, dont celui d’une fillette de quatre ans et de son père.

Il avait été libéré en 2008 dans le cadre d’un échange de prisonniers.

« À son retour au Liban, Kuntar avait été accueilli par le Hezbollah, organisation terroriste étrangère selon le département d’Etat et est devenu depuis l’un des porte-paroles les plus en vue du groupe », a dénoncé la diplomatie américaine.

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