Trudeau «in», F-35 «out»: le chef libéral s’engage à relancer l’appel d’offres pour remplacer les CF-18

Un F-35 dans la chaîne d'assemblage final de l'usine de production de Fort Worth, Texas (Photo: Lockheed Martin)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Un F-35 dans la chaîne d'assemblage final de l'usine de production de Fort Worth, Texas (Photo: Lockheed Martin)
Un F-35 dans la chaîne d’assemblage final de l’usine de production de Fort Worth, Texas (Archives/Lockheed Martin)

Le chef libéral Justin Trudeau s’est engagé ce dimanche 20 septembre, à Halifax, à lancer un nouvel appel d’offres pour le remplacement de la flotte de CF-18 s’il est porté au pouvoir le 19 octobre et, misant sur la Marine, compte utiliser les milliards épargnées pour la doter des navires dont elle a besoin.

Le projet des F-35 de Lockheed Martin pour remplacer les CF-18 canadiens a été l’objet d’une vive controverse depuis que le vérificateur général a accusé en avril 2012 le gouvernement conservateur d’avoir grossièrement sous-estimé les coûts de cet achat.

En 2010, le gouvernement Harper avait annoncé en 2010 son intention d’acheter 65 chasseurs F-35 au coût de 25 milliards $, mais il s’est avéré que parce que les coûts totaux d’acquisition des F-35 dépasseraient les 44 milliards $ sur l’ensemble de leur vie et le projet a dû être repris à zéro.

Aujourd’hui, le chef libéral estime que le gouvernement épargnera «des dizaines de milliards» de dollars en achetant des avions moins coûteux, sans dire toutefois s’il croyait que des aéronefs moins coûteux puissent remplir la même mission adéquatement ou s’il entendait plutôt redéfinir la mission des remplaçants des CF-18.

Justin Trudeau a également attaqué le gouvernement sortant sur son point faible en matière de Défense, ce qu’il a appelé la paralysie du système d’approvisionnement militaire: « Après la décennie de M. Harper, l’armée canadienne est en état de stagnation. L’approvisionnement militaire est paralysé, la formation et la disponibilité opérationnelle ont été considérablement réduites, alors que 10 milliards de dollars en financement n’ont pas été dépensés », a-t-il dit déclaré.

Une partie des milliards «épargnés» iront à la Marine

À Halifax aujourd’hui, Justin Trudeau a aussi a promis d’accroître et d’accélérer le renouvellement des équipements de la Marine royale canadienne qui peine à réaliser sa mission avec le retard dans la livraison des navires de soutien alors que les derniers navires ravitailleurs ont du être mis au rancart, contraignant le Canada a faire appel à l’Espagne et et le Chili pour pouvoir ravitailler ses navires.

Une partie des milliards économisés permettra ensuite de construire tous les navires prévus au programme de construction navale, selon le chef libéral, qui a déclaré vouloir que la marine royale canadienne puisse compter sur au moins six navires de patrouille pour l’océan Arctique.

Il s’est aussi engagé à mettre en service des brise-glaces «améliorés» et de nouveaux navires de combat de surface pour la marine. «Le Canada a le plus long littoral au monde. Les Canadiens s’attendent avec raison qu’on procure à la Marine les bons outils pour le défendre», a-t-il dit sous les applaudissements nourris de la foule.

«Nos engagements nous permettront de nous assurer que la Marine royale canadienne est en mesure de fonctionner comme une flotte de haute mer à long terme. En choisissant de remplacer les CF-18 actuels par des aéronefs plus abordables que les F-35, nous pourrons garantir la livraison des approvisionnements actuels à la Marine», a promis Justin Trudeau.

À contre-courant de nos alliés sur la lutte à l’EI

Alors que plusieurs puissances occidentales, dont la France, la Grande-Bretagne et l’Australie s’engagent ou sont en voie de s’engager dans la lutte à l’EI en Syrie, Le chef libéral a également réitéré son engagement à mettre fin à la mission de combat du Canada en Irak et en Syrie.

Ironiquement, cette intervention intervient au moment où l’ensembles des dirigeants occidentaux, dont le secrétaire d’État américain aujourd’hui, s’entendent pour dire que la résolution de la guerre en Syrie était essentielle au règlement de la crise migratoire en Europe, qui a vu affluer ces derniers mois des centaines de milliers de personnes fuyant la guerre et la misère, dont de très nombreux Syriens poussés par un sentiment de désespoir.

Justin Trudeau a aussi déclaré qu’il entendait faire des Forces canadiennes une entité «plus mince», laissant entendre qu’il procéderait à une réduction du personnel administratif au sein de la Défense nationale. «On parle d’avoir des Forces armées plus efficaces qui ont l’équipement nécessaire pour accomplir leurs tâches. On sait très bien qu’il y a énormément de poids administratif comparativement aux effectifs chez les soldats et des Forces armées qui font le travail sur le terrain et en situation de combat».