Un groupe armé revendique l’enlèvement de 18 Turcs à Bagdad

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Le chantier de construction du stade de football à Sadr City, en Irak, le 2 septembre 2015, où 18 employés turcs ont été enlevés. (AFP/HAIDAR MOHAMMED ALI)
Le chantier de construction du stade de football à Sadr City, en Irak, le 2 septembre 2015, où 18 employés turcs ont été enlevés. Archives/(AFP/HAIDAR MOHAMMED ALI)

Un groupe armé peu connu a revendiqué l’enlèvement la semaine dernière de 18 employés turcs d’une entreprise de travaux publics à Bagdad et présenté une liste de demandes à la Turquie en échange de leur libération, selon une vidéo postée sur internet.

Dans cette vidéo, cinq hommes armés et cagoulés vêtus d’uniformes noirs apparaissent derrière un groupe de dix-huit hommes présentés comme les ressortissants turcs kidnappés le 2 septembre sur le chantier d’un stade de football dans le quartier chiite de Sadr City, dans le nord de la capitale irakienne.

Le groupe des ravisseurs qui se fait appeler « Furaq al-Mot » (escadrons de la mort), demande à la Turquie « d’arrêter le flot de combattants passant de Turquie en Irak ». Il appelle également Ankara à intervenir auprès de rebelles syriens pour qu’ils lèvent le siège de quatre villages chiites dans le nord Syrie, pays voisin de l’Irak.

La Turquie a longtemps été taxée d’immobilisme face à l’EI mais elle a frappé pour la première fois fin juillet des cibles du groupe jihadiste en Syrie et s’est engagée dans la coalition internationale antijihadistes menée par les Etats-Unis.

Parmi leurs revendications, les ravisseurs demandent également au président Erdogan de mettre fin « au transit par le territoire turc du pétrole volé du Kurdistan (irakien) ».

La région autonome du Kurdistan, au nord de l’Irak, exporte du pétrole qu’elle extrait par la Turquie. Le gouvernement central irakien a qualifié ces exportations d’illégales et s’est plaint auprès d’Ankara.

« Si Erdogan ne répond pas positivement à nos revendications, nous nous attaquerons aux intérêts turcs et à leurs représentants en Irak de la plus violente des façons », a menacé le groupe.

L’enlèvement des 18 Turcs est survenu dans un fief des groupes paramilitaires chiites qui soutiennent les forces gouvernementales irakiennes dans leur combat contre les jihadistes sunnites de l’EI. Ceux-ci se sont emparés de vastes portions de territoire en Irak et en Syrie.

Certains combattants de ces milices chiites sont accusés d’activités criminelles, incluant des enlèvements et des meurtres.

La semaine dernière, les forces armées irakiennes avaient affronté des hommes armées d’une des milices chiites au cours d’une opération de recherche d’un suspect soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement. Un soldat irakien avait été tué.

Les enlèvements contre rançon sont monnaie courante à Bagdad, même si dans ce cas des motivations politiques pourraient en être à l’origine.

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