La question des réfugiés revient hanter la campagne électorale

Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)
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Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)
Le camp de réfugiés syriens Zaatari (Photo: Archives/Brian Sokol/UNHCR)

Le dossier des réfugiés syriens est revenu hanter la campagne électorale à 11 jour du scrutin quand les adversaires du gouvernement sortant l’ont vilipendé pour avoir ordonnée la suspension du traitement des dossiers de certains demandeurs d’asile syriens en pleine crise des réfugiés.

Alors que le 19 septembre, le gouvernement conservateur sortant promettait s’il était reporté au pouvoir d’accélérer le traitement des demandes d’asile pour répondre à la crises des réfugiés, les médias canadiens rapportaient qu’au contraire le traitement de certains dossiers des réfugiés syriens avait été suspendu en juin, par ordre du Conseil privé.

Le Bureau du Conseil privé (BCP) est l’organisme central de la fonction publique qui appuie le Premier ministre jouant le rôle de conseiller du Premier ministre, secrétaire du Cabinet et assumant le leadership au sein de la fonction publique

Cette suspension a été dénoncée unanimement par par Gilles Duceppe qui l’a trouvée «inadmissible», Thomas Mulcair qui l’a traitée d’«abjecte» et Justin Trudeau qui, cependant, a déclaré ne pas en être étonné. Les adversaires du premier ministre sortant y ont vu en outre ont vu une preuve de plus qu’il fallait à tout prix défaire le gouvernement conservateur.

Stephen Harper a pour sa part défendu les actions du Bureau du premier ministre, et , en réponse aux accusations d’avoir ralenti l’accueil de réfugiés syriens au début de l’année, a assuré que «Le personnel politique n’est jamais impliqué dans le processus [de tri des immigrants,ndlr]».

La crise des réfugiés, le pire exode depuis la dernière Guerre mondiale, avait vite fait irruption début septembre dans la caapagne électorale canadienne.

Devant la population canadienne divisée entre ceux qui, pour des raisons de sécurité rejettent ces réfugiés et les autres qui, bouleversés, veulent au contraire ouvrir toutes grandes les portes du pays, les conservateurs, longtemps accusés d’insensibilité, avait trouvé le 19 septembre dernier une réponse qui, sans indisposer son électorat naturel plutôt anti-migrants, permettrait d’accélérer le traitement des demandes d’asile sans, disaient-ils, compromettre la sécurité des Canadiens.

Le gouvernement sortant promettait alors plan qui accordera le bénéfice du doute au demandeurs d’asiles en ce qui a trait à leur qualité de réfugiés, mais seulement une fois l’étape de vérifications de sécurité passée. En outre, les conservateurs prévoyaient dans ce nouveau plan mettre à profit le système déjà existant de parrainage, ce qui peut s’avérer particulièrement efficace dans le cas des Syriens dont un grand nombre de famille de classe moyenne sont déjà installée au pays.

Mais voilà qu’avec cette suspension, si la nouvelle s’avèrait exacte, le gouvernement sortant, déjà dénoncé, à tort ou à raison, pour son approche « insensible », pourrait perdre de la crédibilité dans ce dossier délicat qui divisent encore les Canadiens, mais où la majorité, les provinces et les maires des grandes villes en tête, presse le gouvernement d’accueillir plus de réfugiés, plus rapidement.

En outre, cette nouvelle semblerait aussi confirmer que les conservateurs auraient bel et bien décidé dans ce dossier de satisfaire la frange la plus conservatrice de l’opinion publique contre l’avis de la majorité qui souhaite accueillir plus de demandeurs d’asile, voyant même dans la venue de Syriens de classe moyenne, éduqués et prêts à s’intégrer, une aubaine pour la société canadienne.

La vente d’armes à l’Arabie saoudite

Par ailleurs, Justin Trudeau a indiqué qu’il n’annulerait pas la vente d’armes à ce pays s’il devient premier ministre, mais qu’il s’engageait à signer le Traité sur le commerce des armes de l’ONU.

«Par contre, nous allons être plus transparents et ouverts sur les choix que nous allons faire», a dit le chef libéral.

Il en a aussi profité pour dire qu’un gouvernement libéral se joindrait aux efforts de la communauté internationale pour réguler le commerce des armes, le Canada étant le seul pays de l’OTAN à ne pas avoir signé ce traité.

De son côté, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair était à nouveau à Toronto hier où il s’en est pris à la loi C-51 qui donne aux autorités plus de pouvoirs de surveillance des citoyens afin de contrer le terrorisme.

Le chef néo-démocrate a aussi a promis un réinvestissement d’un demi-milliard de dollars en aide internationale au développement, «afin que le Canada reprenne sa position de leader en matière de développement international». Sa porte-parole en matière d’affaires étrangères, Hélène Laverdière, a pour sa part fait valoir que le manque de financement en la matière nuisait à la lutte contre «l’insécurité mondiale».