Bombardement de l’hôpital de Kunduz: 9 patients et 24 employés de MSF manquent à l’appel

"Au bout de 20 ou 30 minutes, j’ai entendu quelqu’un m’appeler. C’était l’un des infirmiers de la salle d’urgence. Il m’appelait à l’aide." Lajos Zoltan Jecs est infirmier. Il était à l'hôpital MSF de Kunduz samedi matin 3 octobre 2015 quand des raids aériens l'ont pris pour cible. Il témoigne de l'horreur de ce qu'il a vécu. "C'est au-delà des mots". (MSF)
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Le feu consume le centre de traumatologie d'urgence de l'hôpital de MSF à Kunduz, en Afghanistan, frappé et partiellement détruit par des missiles le 03 octobre 2015. (MSF)
Le feu consume le centre de traumatologie d’urgence de l’hôpital de MSF à Kunduz, en Afghanistan, frappé et partiellement détruit par des missiles le 03 octobre 2015. (MSF)

Médecins sans Frontières (MSF) était jeudi toujours sans nouvelles de 9 patients et 24 employés, cinq jours après la frappe aérienne américaine contre son hôpital de Kunduz, en Afghanistan, qui a tué au moins 22 personnes.

La nuit du bombardement, les soignants de l’organisation humanitaire traitaient 105 patients et « neuf d’entre eux manquent toujours à l’appel », a déclaré Guilhem Molinie, chef de la mission de MSF en Afghanistan, lors d’une conférence de presse à Kaboul. En outre, des 461 employés de MSF à Kunduz, « 24 n’ont pas donné signe de vie ».

« Nous essayons de retrouver leur trace », a souligné M. Molinie qui a estimé que « les conditions ne sont pas réunies » pour que l’hôpital de MSF à Kunduz puisse rouvrir et l’ONG renvoyer son personnel sur place.

Médecins sans Frontières a retiré la totalité de son personnel de l’établissement au lendemain de la frappe aérienne américaine réclamée par l’armée afghane qui a tué au moins 12 employés et 10 patients.

Le président américain Barack Obama a présenté ses excuses à MSF mercredi, mais l’ONG continue à demander une enquête internationale indépendante sur ce bombardement, assurant ne pas faire confiance à celle menée par le Pentagone sur cette tragédie qu’elle a qualifiée de « crime de guerre ».

« L’hôpital a été frappé à plusieurs reprises pendant près d’une heure », a encore assuré Christopher Stokes, directeur général de MSF, lors de cette même conférence de presse. L’ONG affirme avoir transmis préventivement les coordonnées GPS du centre de soins aux armées américaine et afghane et les avoir averties dès que les premières frappes ont eu lieu.

MSF demande que l’enquête soit menée par la Commission d’enquête internationale humanitaire, créée officiellement en 1991 dans ce cadre. Pour que la Commission puisse se saisir d’un dossier, au moins un des 76 Etats l’ayant reconnue doit demander l’ouverture d’une enquête.